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C'est de la partisanerie et du cynisme, dénoncent les partis d'opposition

« Je trouve ça indécent, c'est proprement du cynisme », a dit Gilles Duceppe. Les chefs des partis d'opposition n'ont pas tardé à écorcher Stephen Harper pour avoir décidé de déclencher les plus longues élections de l'histoire moderne du Canada.

Dans son premier discours de la campagne, Thomas Mulcair a raconté avoir entendu au cours des dernières semaines « les appels au changement devenir de plus en plus forts ». Réélire Stephen Harper sous prétexte de vouloir préserver une stabilité économique ne tient plus la route, a-t-il poursuivi. « Il y a 200 000 personnes sans emploi de plus aujourd'hui qu'avant la crise de 2008. Les quelques emplois qui sont disponibles sont soit précaires, soit à temps partiel, souvent les deux. »

Selon lui, le gouvernement conservateur laisse non seulement une « énorme dette économique », mais aussi « sociale et écologique ». De son côté, il prône un rapprochement avec les nations autochtones, un plan de lutte contre les changements climatiques, un système de garderies abordable et une gestion responsable des finances.

Il a d'ailleurs souligné en fin de discours avoir acquis « l'expérience nécessaire pour défaire et remplacer Stephen Harper ». « En tant que ministre du gouvernement du Québec, j'ai eu des choix difficiles à faire. J'ai appris à gérer de manière prudente dans l'intérêt du public », a-t-il fait valoir, tout en revenant encore plus loin dans son passé pour rappeler ses origines modestes.

« Je comprends personnellement la réalité des familles de la classe moyenne. J'ai grandi dans une famille de 10 enfants à Laval. J'y ai appris l'importance de la solidarité, de l'entraide et de travailler fort. Et j'ai mis ces valeurs en application tout au long de ma carrière », a-t-il ajouté.

Justin Trudeau mise sur la classe moyenne

Les mots-clés du chef du Parti libéral du Canada : la création d'emploi, la croissance de la classe moyenne, les régimes de retraite, les jeunes... et le changement, « le vrai changement », a répété Justin Trudeau.

« J'ai voyagé d'un bout à l'autre du pays. J'ai rencontré des milliers de gens, là où ils vivent et travaillent. Dans les Tim Hortons, dans les usines où ils se rendent tous les matins, dans les parcs où ils vont balancer leurs enfants, dans les arénas, dans leur résidence. C'est de vous dont il est question dans cette élection », a déclaré Justin Trudeau.

« Les conservateurs pensent qu'on fait grandir l'économie en enrichissant les riches. Nous savons que c'est plutôt en renforçant la classe moyenne et ceux qui espèrent s'y joindre », a soutenu Justin Trudeau.

« Les Canadiens sont mes conseillers. Cette élection ne porte pas sur les sondages, sur les tactiques politiques. Elles portent sur l'avenir des gens qui travaillent fort tous les jours pour élever leurs enfants et bâtir leur communauté. »

Le Canada doit aussi protéger l'environnement et s'attaquer plus vigoureusement aux changements climatiques, selon lui. « Pendant 10 ans, Stephen Harper n'a pas compris qu'il n'y avait pas de choix à faire entre l'environnement et l'économie. On doit s'occuper des deux en même temps », a-t-il soutenu.

Indécent et cynique, dit Gilles Duceppe

Stephen Harper n'aurait pas dû déclencher les élections aussi tôt, estime quant à lui le chef du Bloc québécois Gilles Duceppe. « J'aurais aimé vous parler ce matin des plaisirs d'été que nous avons, malheureusement Stephen Harper a décidé de déclencher des élections générales », a-t-il dit d'emblée.

« Une campagne électorale devrait idéalement être la moins longue, la moins coûteuse et avec le plus de débats. Avec les refus de MM. Harper et Mulcair de participer à un des débats, celle-ci sera la plus longue, la plus coûteuse et avec le moins de débats de l'histoire récente », a-t-il dénoncé.

« Une chose qui m'a frappé, c'est l'absence du Québec dans les débats à Ottawa. On paie des taxes et des impôts au fédéral, mais c'est comme si on n'existait pas. [...] Ce ne sont pas les Québécois qui ont élu un gouvernement majoritairement conservateur. Le problème n'est pas au Québec, il est au Canada. »

« En appuyant le Bloc, on barre la route aux conservateurs, et on agit selon nos convictions, nos intérêts, nos valeurs. [...] Et avec l'arrivée de Pierre Karl Péladeau [à la tête du Parti québécois], il y a un nouveau cycle qui s'ouvre, beaucoup de jeunes se joignent à nous. Cette idée de faire du Québec un pays reprend des forces. »

Pourquoi avoir choisi de se représenter dans Laurier-Sainte-Marie, la même circonscription perdue aux mains de la néo-démocrate Hélène Laverdière aux élections de 2011? « Parce que j'aime ce comté [...] et j'ai une bonne moyenne au bâton, je l'ai remporté souvent », a répondu celui qui compte poursuivre sa campagne sur les mêmes thèmes, soit bloquer les conservateurs et défendre les intérêts du Québec.

Une longue campagne a un prix, dit May 

La chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May, a réagi en dénonçant le prix élevé d'une telle campagne, qui s'étirera sur 11 semaines.

« Il [Stephen Harper] a permis les périodes plus longues pour que les partis puissent dépenser plus d'argent. Ce qui n'est pas vrai, c'est de dire que ça ne coûte rien aux Canadiens. [...] Nous payons pour la moitié de chaque publicité électorale », a-t-elle dit, ajoutant que le premier ministre « devrait avoir honte ».

Elle affirme néanmoins que son parti est prêt. « Nous ne sommes pas le parti d'un seul enjeu, le parti d'une seule personne », a-t-elle mentionné. 

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