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« C'est une souricière, on est dans une trappe », craint un évacué au nord de Fort McMurray

Plus de 25 000 évacués et travailleurs situés au nord de Fort McMurray où le brasier brûle toujours sont inquiets, dans l'attente d'être déplacés plus au sud, vers Edmonton et Calgary.

Un texte de Virginie Bouchard

Plus tôt jeudi, la première ministre Rachel Notley ainsi que le directeur des opérations pour l'agence provinciale de gestion des urgences, Scott Long, ont affirmé vouloir déplacer 8000 personnes par voie aérienne.

Roger Saint-Pierre, un travailleur du secteur pétrolier installé dans une résidence pour travailleurs, vit dans l'incertitude. Il a le véritable sentiment d'être pris en souricière, car selon lui, si le feu s'étend au nord de Fort McMurray, il n'y a aucun moyen de s'échapper plus au nord.

Jeudi, il a décidé de sortir de l'Athabasca Lodge, la résidence pour travailleurs où il se trouvait, à 50 kilomètres au nord de Fort McMurray. Il s'est rendu à une vingtaine de kilomètres plus au nord, à la résidence Shell Albian Sands où se trouve une piste d'atterrissage, dans l'espoir de pouvoir prendre un vol vers Edmonton.

« La seule chose qu'on veut avoir c'est un billet d'avion, même si on devrait coucher par terre, tout ce qu'on veut c'est un billet d'avion pour sortir d'ici. »

Évacués séparés

Chantal Brunet-Guérin est employée de sécurité pour le camp de travailleurs Fort Hill de Suncor. Elle devait quitter le camp mardi, après avoir fini sa semaine de travail, mais a été ordonnée par les policiers de rebrousser chemin à l'approche de Fort McMurray, en raison du brasier.

Contrairement à son mari, elle n'a pas pu rentrer chez elle et voir l'ampleur de l'incendie.

« Moi je n'étais pas là, je le vis à travers les gens, à travers la télévision. Mon mari a pu sortir et partir au sud vers Wandering river. Alors on est séparé, on vit ça comme ça. »

Elle espère obtenir des informations rapidement quant à son évacuation.

Peu d'informations

Pour l'instant, selon Roger St-Pierre, peu d'informations officielles circulent parmi les évacués au nord de Fort McMurray. Le bouche-à-oreille et les réseaux sociaux sont les principales sources d'information, ce qui donne lieu à la prolifération des rumeurs.

C'est pourquoi les services d'urgence ont tenu à préciser, lors d'un point de presse jeudi matin, que la situation est stable et que de l'eau et de la nourriture sont disponibles pour les évacués.

Toutefois, Jean-Pierre Taschereau, responsable des opérations d'urgence à la Croix-Rouge, affirme qu'il n'y a toujours pas d'équipe sur place pour évaluer les besoins des évacués dans ces camps de travailleurs. L'organisation tente d'envoyer du personnel avec l'aide de la communauté de Fort McKay, à une soixantaine de kilomètres au nord de Fort McMurray.

Un point de presse de la première ministre Rachel Notley et des autorités d'urgence est prévu à 18 h afin de préciser les détails du déplacement des 25 000 personnes.

Feu de forêt à Fort McMurray

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