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CAA demande l'aide de Québec pour un programme d'inspection des vieux véhicules

CAA-Québec souhaite instaurer un programme d'inspection volontaire pour les véhicules de 8 ans et plus et demande au gouvernement provincial d'aider les automobilistes à rembourser une partie des coûts de l'inspection et des réparations.

Le Québec veut réduire ses émissions de 37,5 % d'ici à 2030, par rapport au niveau de 1990. Mais selon une enquête menée par CAA-Québec, 158 véhicules sur 511 inspectés, soit près de 30 %, ont échoué aux tests environnementaux qui évaluent leur consommation d'essence et les émissions de gaz polluants.

CAA-Québec estime que près de 600 000 véhicules ne passeraient pas ce test à l'échelle de la province.

L'association a soumis les conclusions de son enquête à la nouvelle ministre de l'Environnement du Québec et propose au gouvernement d'utiliser une partie du Fonds vert, destiné à réduire les émissions de gaz à effet de serre, pour financer un programme d'inspection.

« On pense qu'il ne faut pas taper sur les doigts et faire porter le fardeau environnemental aux propriétaires de véhicules âgés. À la place de leur faire porter le fardeau, on croit plutôt qu'il faut les aider, d'où notre idée d'utiliser le Fonds vert, pour que les réparations sur ces véhicules soient faites pour les automobilistes à peu de frais », explique le porte-parole de CAA-Québec, Pierre-Olivier Fortin.

« Les propriétaires de véhicules âgés ne sont pas nécessairement les plus fortunés. Il ne faut pas les contraindre, mais les inciter financièrement à améliorer leur véhicule », ajoute la vice-présidente communications et affaires publiques de CAA-Québec, Sophie Gagnon.

Pierre-Serge Labbé, vice-président services automobiles chez CAA-Québec, compare cette proposition au crédit d'impôt remboursable qui encourage les propriétaires à réaliser des travaux de rénovation résidentielle écoresponsables.

« On peut arriver à des résultats significatifs au moyen d'un programme qui n'est pas obligatoire, mais plutôt volontaire, un peu à l'image de RénoVert, à la différence importante qu'un rabais à la réparation devra l'accompagner et non seulement un crédit d'impôt », explique-t-il.

Tous les pays de l'Union européenne, 35 États américains et 6 provinces canadiennes ont déjà introduit des programmes d'inspection, tient à rappeler CAA-Québec. Quinze ans après l’instauration d’un programme d'analyse d'émissions des véhicules en Ontario, les émissions de gaz à effet de serre provenant des véhicules ont diminué de plus de 30 % dans cette province.

En 2011, Québec avait tenté d’instaurer un programme d’inspection et d’entretien des véhicules de huit ans et plus. Malgré de nombreux appuis comme celui de la Table de concertation sur l'environnement et les véhicules routiers et de CAA-Québec, le projet de loi concernant l'inspection environnementale des véhicules automobiles n’a toutefois jamais vu le jour.

Le titulaire de la Chaire de gestion du secteur énergétique à HEC Montréal, Pierre-Olivier Pineault, est plutôt d'avis que ces inspections doivent être obligatoires et aux frais des propriétaires d’automobiles.

« On ne peut pas accepter de subventionner des pollueurs. En 2006, le Québec a adopté une loi sur le développement durable avec un clair principe de pollueur-payeur », croit M. Pineault.

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