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Cadre financier du PLC : 3 déficits et fin des mesures conservatrices

Le cadre financier du Parti libéral du Canada (PLC) présenté samedi matin confirme son intention de déposer trois budgets déficitaires afin de financer des investissements dans les infrastructures. Le retour à l'équilibre budgétaire se ferait en 2019-2020 avec un surplus de 1 milliard de dollars. 

Le déficit serait légèrement inférieur à 10 milliards de dollars durant les deux premières années de leur mandat, avant de passer à 5,7 milliards de dollars en 2018-2019. Selon les quatre candidats qui ont présenté le cadre financier du parti, le moment pour produire un déficit est bien choisi. Les taux d'intérêt sont bas, l'économie a besoin d'un coup de barre et le budget d'infrastructures est en déficit depuis des années, plaident-ils. 

il s'agit aussi selon eux d'un plan marqué par la « prudence ». Dans leurs calculs, ils ont revu à la baisse les prévisions du ministère des Finances afin de refléter la réduction de la croissance économique du Canada. Ils ont aussi utilisé les chiffres de la Bibliothèque du Parlement plutôt que ceux du dernier budget des conservateurs, présenté en avril.

Le prix du baril de pétrole, qui a diminué depuis, n'inquiète pas les libéraux. Ces derniers croient qu'il y aura un rebond. « Et si le baril de pétrole ne rebondit pas, nous serons ouverts et honnêtes envers les Canadiens », ont-ils assuré. Toujours par souci de « transparence », ils souhaitent que le directeur parlementaire du budget révise les coûts des programmes politiques pour l'ensemble des partis. 

Revenus

Le gros des revenus prévus dans le cadre financier libéral sont générés par l'annulation de mesures déjà annoncées par le gouvernement conservateur. Le remplacement de la prestation universelle pour la garde d'enfants (PUGE), l'élimination du fractionnement du revenu pour les familles avec enfant et de la hausse du compte d'épargne libre d'impôt (CELI) représentent une large part des nouvelles recettes. 

Les libéraux souhaitent également récupérer 3 milliards de dollars en imposant des compressions à l'appareil gouvernemental, notamment en réduisant les dépenses engendrées par les consultations externes et les « publicités partisanes ». Une autre part des revenus projetés provient d'une augmentation d'impôt pour les 1 % des plus riches, qui devrait générer aussi près de 3 milliards de dollars par an.

Le cadre financier du parti libéral ne tient cependant pas compte des revenus que pourrait générer la légalisation de la marijuana. Le parti dit avoir étudié ce qui se fait ailleurs à ce chapitre, mais n'a pas voulu insérer de prévision de revenu à cet effet dans son cadre financier. « Probablement plus que 0 $, ce que nous supposons, et inférieur aux 5 milliards que suppose [la chef du Parti vert] Mme May », a simplement souri M. McCallum.

Dépenses

Les réductions d'impôts et les allocations représentent la plus importante portion des nouvelles dépenses. L'allocation canadienne aux enfants qui remplace la PUGE coûte plus de 20 milliards de dollars par année. Les réductions d'impôts promises pour la classe moyenne coûteraient à un gouvernement libéral environ 3 milliards de dollars par année.

Les libéraux ont aussi prévu dans leur cadre financier un changement dans les transferts aux provinces en matière de santé. Les annonces précises à ce sujet viendront toutefois plus tard, a souligné Jean-Yves Duclos. 

Infrastructures

Les nouvelles dépenses massives en infrastructures promises par Justin Trudeau il y a quelques semaines demeurent bien prudentes pour les premières années du mandat. Les libéraux dépenseraient 5 milliards de dollars de plus par année durant les deux premières années de leur mandat. Ce chiffre passerait à 3,45 milliards pour les deux suivantes et augmenterait de nouveau durant un second mandat.

Au bout de 10 ans, ce sont donc 60 milliards de dollars qui seraient ajoutés à l'enveloppe destinée aux infrastructures, qui s'élève à l'heure actuelle à 65 millions de dollars.

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