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Canadiens rapatriés après Irma : « on peut toujours faire mieux », admet la ministre Freeland

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, concède du bout des lèvres que le gouvernement Trudeau aurait pu réagir plus efficacement pour venir en aide à ses ressortissants qui se trouvaient dans l'une ou l'autre des nombreuses îles des Caraïbes touchées par l'ouragan Irma.

« Comme le dit le premier ministre : c’est toujours possible de faire mieux », a-t-elle répondu mardi en conférence de presse lorsqu’une journaliste lui a demandé si son gouvernement ne devrait pas offrir des excuses aux Canadiens pour son traitement de la situation, qui fait l’objet de nombreuses critiques. La ministre n'a cependant rien fait de tel.

Un total de 691 Canadiens ont été rapatriés depuis la fin de semaine, a souligné Mme Freeland. Environ 300 d'entre eux sont revenus des îles Turks et Caicos et Saint-Martin dans la nuit de lundi à mardi à bord de vols commerciaux affrétés par les transporteurs Air Canada et WestJet.

La ministre, qui était à l'aéroport Pearson de Toronto lundi soir, dit avoir personnellement invité certaines personnes qui revenaient îles Turks et Caicos à contacter son ministère pour donner leur avis sur ce qui pourrait être fait une prochaine fois dans des circonstances similaires.

« Nous allons faire un post mortem. On va examiner s’il y a des leçons à apprendre », a pour sa part laissé tomber le ministre des Transports, Marc Garneau. « S’il y a des choses qui doivent être prises en considération, on va les considérer », a-t-il dit sans s'avancer davantage.

Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, a indiqué pour sa part que la frégate canadienne St John's avait été prépositionnée à Norfolk, en Virginie, en prévision de la tempête, et qu'elle est maintenant prête à aller porter de la nourriture, des vêtements et d'autres équipements nécessaires à des gens en difficulté.

La Défense nationale a également fait savoir mardi qu'un avion-cargo CC177 Globemaster de l'armée appuie les efforts de secours de la France en transportant de l’équipement et des fournitures de la France jusqu’en Guadeloupe. L'île française de Saint-Barthélemy et la partie française de l'île Saint-Martin ont été durement touchées par Irma.

Affaires mondiales Canada a également déployé l'Équipe canadienne d’évaluation des catastrophes (ECEC) à Antigua, qui a aussi été largement dévastée par la tempête. Cette équipe doit déterminer comment le Canada peut contribuer aux efforts de secours.

Des vols de secours commerciaux

Les voyageurs arrivés au cours des dernières heures à l'aéroport Pearson de Toronto avaient affronté des vents de plus de 300 km/h et des pluies diluviennes barricadés dans des chambres d’hôtel, des écoles et des maisons dans l’archipel des îles Turks et Caicos ainsi qu’à Saint-Martin, deux des régions particulièrement dévastées par Irma.

Après plusieurs jours d’incertitude, d’insécurité et de privations, ils ont finalement pu retrouver le sol canadien grâce à un vol d’Air Canada et de deux vols de WestJet, dépêchés à Saint-Martin et aux îles Turks et Caicos pour les rapatrier.

Le premier vol d’Air Canada en provenance des îles Turks et Caicos s’est posé lundi soir à 21 h à l’aéroport Pearson de Toronto. Deux autres vols de WestJet, l’un en provenance de Saint-Martin et l’autre des îles Turks et Caicos, ont suivi au cours de la nuit.

Selon Lauren Stewart, une porte-parole de WestJet interrogée par les journalistes, tous les Canadiens qui avaient besoin d’être évacués de Saint-Martin ont eu la possibilité de l'être. Une cinquantaine d’Américains sont aussi montés à bord du vol de secours envoyé à Saint-Martin par le transporteur canadien.

À leur descente d’avion, les voyageurs étaient visiblement épuisés par cette longue épreuve, mais surtout soulagés d’avoir enfin pu rentrer chez eux après des jours d’attente et d’incertitude dans des conditions parfois précaires.

Des voyageurs mis à rude épreuve

Rosaleen Murphy, qui avait commencé un nouvel emploi d’enseignante à la mi-août aux îles Turks et Caicos, se trouvait parmi les passagers du vol d’Air Canada.

Elle raconte que l’ouragan était si puissant qu’elle a dû se cacher dans un placard sous l’évier de la cuisine dans la maison qu’elle avait louée à Turtle Cove. Lorsqu’elle est ressortie, la maison n’avait plus ni toit ni murs. « Il ne restait rien du tout », a raconté l’enseignante à CBC.

Elle et ses collègues, ainsi que de nombreux voyageurs coincés dans l’archipel pendant des jours, ont multiplié les appels aux transporteurs aériens et au gouvernement fédéral, dénonçant la lenteur d’Ottawa alors que les citoyens d’autres nationalités étaient évacués plus rapidement, sur des vols militaires notamment.

Vol d'Air Canada cloué au sol à Turks et Caicos

Il faut savoir qu’en dépit des efforts déployés par les transporteurs commerciaux canadiens pour rapatrier le plus de voyageurs possible, il était impossible jusqu’à hier midi pour les vols commerciaux de quitter l’aéroport des îles Turks et Caicos. Seuls les vols militaires et humanitaires étaient autorisés par les autorités locales à se poser ou à décoller.

Le trafic aérien a pu reprendre lentement lundi en milieu de journée, après la levée de l’interdiction, notamment à l’aéroport de Turks et Caicos.

Pour pallier cette situation, plusieurs pays dont les États-Unis, les Pays-Bas et le Royaume-Uni ont eu recours à des avions militaires pour évacuer leurs citoyens, ce qui a alimenté de nombreuses critiques envers Ottawa qui ne s’en est remis qu’à des vols commerciaux pour assurer le rapatriement des Canadiens.

À Ottawa, la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, avait précédemment défendu l'approche de son gouvernement en expliquant que le vol d’Air Canada immobilisé aux îles Turks et Caicos avait été envoyé dès dimanche avec un chargement d’aide humanitaire à bord.

Ce sont, selon elle, les complications qui ont suivi, à savoir l’interdiction de vol des autorités locales, qui ont empêché l’avion de rapatrier rapidement les ressortissants canadiens.

Qualifiant la situation sur le terrain de « vraiment chaotique », la ministre s’est dite heureuse que ces Canadiens soient rentrés à la maison. La ministre a rappelé aux gens de ne pas oublier que pour beaucoup de personnes qui vivent dans les régions touchées, il n’y a tout simplement plus de maison à retrouver.

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