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Cannabis au travail : les pétrolières et le secteur de la construction se font du mauvais sang

En vue de la légalisation de la marijuana à usage récréatif, le gouvernement de l'Alberta a reçu une soixantaine d'avis de membres de la société civile. Certains se préoccupent de l'âge légal pour consommer ou des lieux publics où sera vendu le cannabis. D'autres organisations ont plutôt souligné leurs inquiétudes à devoir conjuguer cannabis légal et sécurité au travail.

Un texte de Nicolas Pelletier

C'est en bloc que l'industrie pétrolière et gazière, mais aussi les associations professionnelles de la construction, de la foresterie et du personnel infirmier, demandent d'être en mesure d'interdire complètement la consommation de cannabis sur les lieux de travail, mais aussi avant d'arriver en poste pour les employés dont la fonction est jugée essentielle à la sécurité.

L'Association des professionnels des ressources humaines (HRPA) rappelle en revanche qu'il en va du droit fondamental des employés de ne pas être discriminés pour une invalidité traitée par la marijuana thérapeutique.

Devant cette ambiguïté entre usage récréatif et médicinal, les industries demandent à la province d'élaborer un cadre clair sur les accommodements qui doivent être consentis.

La Fédération des travailleurs de l’Alberta (AFL) signale aussi, dans son avis transmis au gouvernement, la difficulté de trouver un équilibre entre la sécurité au travail et la vie privée des employés, surtout en ce qui concerne la consommation de substances légales en dehors des heures de travail.

Sur la route

Dans son mémoire de 26 pages, le plus volumineux des 63 déposés auprès du Secrétariat albertain pour le cannabis, la HRPA a identifié cinq inquiétudes en ce qui a trait à la légalisation prévue.

Parmi celles-ci figurent l'équilibre entre sécurité et droits des travailleurs ainsi que la perte de productivité et d'assiduité au travail, mais d’abord, la sécurité routière.

La HRPA joint sa voix à celles des transporteurs de marchandise et des organismes de prévention des accidents en exigeant de l'État qu'il trouve une manière de mesurer scientifiquement le seuil où le cannabis nuit aux facultés des conducteurs, ce qui n'est pas le cas en ce moment.

Vente : privé ou public?

Si l’Association pour la santé publique de l’Alberta privilégie un monopole d’État sur la vente, les producteurs et les distributeurs actuels de marijuana thérapeutique sont plutôt en faveur de comptoirs de vente privés réservés à leurs produits.

Ils demandent à l'unisson plus de campagnes d'information pour prévenir des dangers de l'usage du cannabis doublé à celui de l'alcool et recommandent d'éviter que les deux substances ne soient vendues au même endroit, une position également défendue par l’Association des distillateurs canadiens et privilégiée par l’Ontario.

L’Association albertaine des magasins d’alcool (ALSA) croit quant à elle que le modèle de vente entièrement privatisé qui prévaut pour l'alcool en Alberta serait également efficace pour le cannabis à usage récréatif. Dans son mémoire, l'ALSA défend l'idée d’un seul lieu de vente pour l’alcool et la marijuana.

Enfin, les municipalités, les organisations faisant la promotion de l’accès à la marijuana et plusieurs particuliers ont expliqué au gouvernement que, par souci de santé publique et pour éviter que les mineurs ne soient exposés au cannabis, il serait nécessaire que les règlements sur la consommation en public de la marijuana correspondent à ceux du tabac.

« Ne serait-ce que pour éviter que l’acte de fumer ne redevienne normal », précise l’Association pour une Alberta sans fumée.

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