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Cannabis : les experts recommandent au moins 6 heures avant de prendre le volant

Alors que le Canada est engagé sur la voie de la légalisation du cannabis, six organisations médicales nationales passent à l'offensive et publient 10 conseils de prévention à l'intention des Canadiens qui font le choix de consommer cette substance. Les recommandations visent à réduire les risques liés à l'usage récréatif de la marijuana. Survol des directives.

Un texte de Louis Blouin, correspondant parlementaire à Ottawa.

Le message du regroupement d'organismes de santé publique est sans équivoque : la meilleure façon d'éviter les effets néfastes de la marijuana sur la santé est de ne pas en consommer du tout. « L'usage du cannabis viendra toujours avec des risques », selon le Dr Benedikt Fischer, scientifique principal du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH).

Cependant, il faut composer avec la réalité : le Canada compte déjà un nombre important d'usagers. Selon Statistique Canada, ils étaient 3,4 millions en 2012, en grande partie des jeunes.

Des groupes comme le CAMH, l'Association médicale canadienne (AMC) et l'Association canadienne de santé publique ont choisi d'unir leurs forces pour sensibiliser et informer les usagers, particulièrement les jeunes.

Le cannabis et la conduite automobile

Dans leur document, les experts recommandent d'attendre au moins six heures, même plus longtemps au besoin, après avoir consommé du cannabis avant de conduire un véhicule motorisé. Ils insistent pour dire que la conduite avec les facultés affaiblies par la marijuana augmente considérablement les risques d'avoir un accident entraînant des blessures ou la mort.

Les scientifiques soulignent aussi l'effet multiplicateur de l'utilisation combinée de l'alcool et la marijuana.

Comment et quoi consommer?

Inhaler de la fumée de marijuana brûlée serait le mode d'usage le plus nocif pour la santé. « Fumer est particulièrement risqué », selon le Dr Fischer, et peut entraîner de multiples problèmes pulmonaires et bronchiques. Le fait de prendre de grandes bouffées et de retenir sa respiration augmente la « quantité de substances toxiques absorbées par les poumons », précise le document d'experts.

Les scientifiques suggèrent plutôt d'utiliser un vaporisateur pour consommer ou de se tourner vers les produits comestibles. Les aliments contenant du cannabis peuvent toutefois altérer de façon encore plus importante les facultés d'une personne, en raison de l'effet psychoactif retardé.

Ils recommandent également d'éviter les produits à forte concentration de tétrahydrocannabinol (THC), élément psychoactif du cannabis.

Quel âge et à quelle fréquence?

Les organisations médicales cherchent à interpeller la jeune génération. « Nous savons que les jeunes sont les plus vulnérables », souligne M. Fischer. Les experts déconseillent l'usage du cannabis à l'adolescence, surtout avant 16 ans. Cela pourrait entraîner des problèmes sociaux, de santé et d'apprentissage.

L'Association médicale canadienne avait déjà mentionné que la marijuana consommée par les jeunes est un enjeu préoccupant, car le cerveau se développe jusqu'à 25 ans.

Les groupes nationaux de santé publique croient aussi que la drogue doit être utilisée occasionnellement, soit seulement les fins de semaine ou un seul jour par semaine, en raison des dangers de l'utilisation quotidienne.

Ottawa satisfait

La ministre fédérale de la Santé Jane Philpott « accueille favorablement » les directives qui ont aussi été publiées dans la revue American Journal of Public Health. Toutefois, le gouvernement du Canada affirme ne pas être en mesure de les endosser officiellement avant l'entrée en vigueur de la loi mettant en oeuvre la légalisation. Ce n'est que par la suite qu'Ottawa se « penchera sur l'élargissement de la diffusion des directives », selon une déclaration envoyée par le bureau de la ministre.

Mme Philpott a tenu à rappeler que d'ici la légalisation prévue au plus tard au 1er juillet 2018, il « demeure illégal d'acheter, de vendre, de produire et de posséder du cannabis au Canada à moins d'en avoir l'autorisation expresse à des fins médicales ».

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