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Cannabis médicinal : le Matanais expulsé de son logement obtient un sursis

Ronald Chartier, qui devait quitter son logement du centre-ville de Matane le 8 février, pourra demeurer chez lui au moins jusqu'à la fin de l'hiver. La Cour a suspendu l'exécution de la Régie du logement qui le forçait à quitter, car la fumée secondaire incommodait son propriétaire. L'homme, qui fume du cannabis à des fins médicales, entend porter sa cause en appel.

Un texte de Michel-Félix Tremblay

Le 8 janvier dernier, la Régie du logement du Québec ordonnait l'expulsion du locataire ainsi que de tous les occupants du logement.

Dans la décision, on pouvait lire que la consommation de cannabis du locataire, bien que légale, causait de sérieux préjudices au propriétaire qui habite le logement en bas.

L'homme qui est en guérison d'un cancer et qui a été victime d'un grave accident d'auto au cours des dernières années, fume du cannabis pour apaiser ses douleurs. Il se plaint entre autres de douleurs arthritiques aux jointures et au cou.

Un soulagement

Ronald Chartier était visiblement soulagé de ne pas devoir déménager en plein hiver, la veille de son anniversaire. Il a bien l'intention d'ailleurs de conserver son logement le plus longtemps possible. C'est pourquoi il portera appel de la décision de la régie.

Pourtant, monsieur Chartier a indiqué à Radio-Canada que depuis mai, à la demande se son propriétaire, il fume dans le portique attenant à son logement. Lors de notre passage à l'improviste, il y avait en effet une odeur de marijuana dans ce portique, mais pas à l'intérieur du logement.

« Je ne veux pas me battre pour fumer en dedans, le propriétaire ne fume pas, tu ne peux pas lui imposer », avance-t-il. Par contre, il juge que le portique est situé à l'extérieur de son logement.

Le tribunal a remis à la fin du mois de mars l'audience pour permission d'appeler. C'est à ce moment que le Matanais, maintenant représenté par une avocate de l'aide juridique, en appellera de la décision de la Régie du logement.

La juge Hermina Popescu, de la Cour du Québec, qui a donné un sursis au locataire, mentionne dans sa décision datée du 6 février que « l'appelant a démontré qu'il lui en résulterait un préjudice grave si la suspension d'exécution n'était pas accordée ».

Un tourbillion médiatique

Ronald Chartier n'est pas encore remis de ce matin de janvier quand il s'est vu dans les premières pages du Journal de Québec. « C'est arrivé comme trop vite, tu sais quand tu es habitué à ne pas te montrer la face nulle part. »

Il est conscient que désormais sa cause est suivie partout au Québec. « J'ai ce poids-là, oui » ajoute t-il en riant.

Il dit aussi avoir reçu plusieurs messages d'encouragement de la part de ses proches.

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