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Carles Puidgemont n'ira pas comparaître en Espagne

Le président indépendantiste catalan destitué n'a pas l'intention de se présenter jeudi devant la justice espagnole en raison du risque qu'il soit arrêté, a annoncé son avocat, Me Paul Bekaert.

La justice espagnole a appelé mardi Carles Puigdemont et ses 13 ministres à comparaître jeudi et vendredi à Madrid, en prévision de leur inculpation pour sédition, rébellion et malversation à la suite de la déclaration d’indépendance unilatérale du gouvernement catalan, vendredi dernier.

« Il ne va pas à Madrid, et j'ai proposé qu'on l'interroge ici en Belgique, a déclaré l'avocat belge, Paul Bekaert, sur TV3. C'est possible, j'ai déjà eu dans le passé des cas comme ça, quand on a interrogé le suspect en Belgique ».

« On va examiner si les peines [encourues] ne sont pas disproportionnées, et si les droits fondamentaux sont respectés », a ajouté l'avocat des droits de l'homme, qui par le passé a défendu des Basques espagnols membres présumés d'ETA dont Madrid demandait l'extradition.

Me Bekaert a toutefois assuré que son client était prêt à répondre aux questions de la Cour à partir de la Belgique.

Risques d'arrestation et de détention

Selon le spécialiste belge des droits de la personne, le risque est grand que les autorités espagnoles profitent du retour en Espagne de Carles Puigdemont pour l’arrêter et le maintenir en détention provisoire en attendant la suite des procédures entreprises contre lui.

Lundi dernier, le procureur général espagnol, Jose Manuel Maza, a demandé à la Cour de l’Audience nationale d’autoriser des poursuites pour rébellion, sédition et malversation contre le président catalan destitué et ses ministres. La rébellion et la sédition sont des crimes passibles respectivement de 30 et 15 ans de prison en Espagne.

Outre Carles Puigdemont et son Cabinet, la justice espagnole a également convoqué la présidente destituée du Parlement catalan, Carme Forcadell, devant la Cour pour y être inculpée.

Cinq autres membres du bureau des présidents du Parlement catalan ont aussi été convoqués par la justice. Ils seront entendus les 2 et 3 novembre, en présence de leurs avocats.

Si les personnes convoquées devant la Cour de l’Audience nationale ne se présentent pas d’elles-mêmes pour témoigner, le tribunal peut ordonner leur arrestation.

Puigdemont reste en Belgique jusqu'à nouvel ordre

Démis de ses fonctions par le gouvernement espagnol qui a pris le contrôle politique de la Catalogne vendredi dernier, Carles Puigdemont s'est rendu en Belgique « pour protéger sa sécurité et sa liberté », selon ses dires.

Installé à Bruxelles avec une partie de son gouvernement en exil, M. Puigdemont a expliqué mardi qu'il comptait rester en Belgique avec quelques-uns de ses ministres pour « expliquer au monde les défaillances démocratiques de l'État espagnol ».

Deux ministres catalans qui s’étaient rendus à Bruxelles et qui sont revenus mardi soir à Barcelone ont été accueillis par des militants unionistes les accusant d’être des « traîtres ».

Assurant qu’il n’a pas l’intention de demander asile en Belgique, Carles Puigdemont a ajouté qu’il ne reviendra pas en Espagne sans obtenir de garanties qu’il aura droit à un procès impartial, estimant que le gouvernement de Mariano Rajoy ne veut qu’exercer une vengeance politique à son égard.

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