En visite à Damas lors des bombardements meurtriers qui ont eu lieu dimanche au nord-est de la capitale syrienne, un dirigeant de l'ONU s'est dit « horrifié » par les frappes aériennes du régime de Bachar Al-Assad.

Les raids aériens ont fait près de 100 morts à Douma, une banlieue de Damas tenue par les rebelles depuis trois ans.

Le chef des affaires humanitaires de l'ONU, Stephen O'Brien, s'est dit « horrifié par l'absence totale de respect de la vie des civils dans ce conflit », au cours d'une conférence de presse tenue lundi.

M. O'Brien, qui effectuait sa première visite en Syrie, s'est dit « particulièrement atterré par les informations sur les frappes aériennes qui ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés parmi les civils, au coeur de Douma, une zone assiégée ». 

M. O'Brien visitait Damas afin d'évaluer les besoins humanitaires de la population syrienne. Le pays compte au moins 7,6 millions de déplacés sur son territoire et 422 000 civils prisonniers des combats.

Le haut responsable de l'ONU a lancé un appel à tous les belligérants de ce conflit afin de « protéger les civils et respecter le droit humanitaire international ».

Le gouvernement syrien soutient qu'il s'agit d'une erreur et que son aviation visait des positions du front islamique, le principal groupe rebelle dans la région de Damas.

Les avions du régime syrien ont de nouveau frappé, à quatre reprises, la ville rebelle lundi.

Dénonciations internationales

« Le bilan est monté à 96 morts, dont au moins deux femmes et quatre enfants », a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), lundi. L'organisme basé au Royaume-Uni souligne que le nombre de victimes risque d'augmenter puisque des 240 blessés plusieurs se trouvent dans un état critique.

« Il s'agit d'un massacre délibéré », a déclaré le directeur de l'OSDH, Abdel Rahmane, à l'AFP.

L'opposition syrienne en exil a qualifié l'attaque contre le marché public de Douma de « massacre ».

« Assad commet un nouveau massacre à Douma, en visant un marché bondé », a dénoncé la Coalition de l'opposition en exil sur Twitter.

L'attaque contre la ville est survenue deux ans, pratiquement jour pour jour, après l'attaque chimique attribuée au régime syrien par les Occidentaux et l'opposition au président Bachar Al-Assad. Des centaines de personnes avaient été tuées dans cette attaque du 21 août 2013.

Un rapport d'Amnistie internationale, publié la semaine dernière, accusait le gouvernement syrien de commettre des « crimes de guerre » dans la région de Douma. Le rapport parlait d'« attaques directes, aveugles et disproportionnées ».

Le conflit syrien a été déclenché en mars 2011 à la suite de la violente répression de manifestation pacifique contre le régime Al-Assad. Les manifestations se sont muées en révoltes, qui ont dégénéré en une guerre civile.

Les combats - qui opposent désormais les forces gouvernementales, des rebelles, des Kurdes et des djihadistes - ont fait plus de 240 000 morts depuis le début du conflit.

Plus de 4 millions de Syriens ont également fui le pays.

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