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Casse à Montréal-Nord : la Ville défend le choix de la police de ne pas intervenir

Au lendemain de l'émeute à Montréal-Nord qui a suivi des marches en mémoire de Fredy Villanueva et de Jean-Pierre Bony - abattus par des policiers -, la Ville de Montréal défend la stratégie du Service de police de Montréal. 

Les forces de l'ordre sont restées à l'écart durant une quinzaine de minutes pendant que des manifestants vandalisaient le poste de police 39, mercredi soir. Six commerces ont aussi été vandalisés, six voitures incendiées, et cinq autres ont été endommagées.

En l'absence du maire Denis Coderre, la responsable de la sécurité publique au comité exécutif, Anie Samson, a expliqué que le but était d'éviter de provoquer les casseurs.

« Si les policiers étaient intervenus tout de suite, on aurait joué le jeu des provocateurs, des casseurs. Ça aurait pu dégénérer dans d'autres situations dans lesquels on ne voulait pas aller. Le choix était d'assurer le calme », a dit la mairesse de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension.

Un citoyen de 20 ans a tout de même été blessé par quatre casseurs qui s'en sont pris à lui, selon Mme Samson. Il a été transporté à l'hôpital pour une commotion cérébrale.

Pour l'instant, personne n'a été arrêté. Mais Mme Samson soutient que les casseurs ne demeureront pas impunis. L'enquête se poursuit. Le SPVM a entre ses mains plusieurs vidéos, et il estime qu'il pourra procéder à des arrestations assez rapidement, selon nos informations. 

Pas des gens de Montréal-Nord, selon la police

Selon le rapport que les élus ont reçu des policiers, les deux premières manifestations - une en mémoire de Jean-Pierre Bony tué récemment lors d'une intervention policière et une autre pour souligner l'anniversaire de Fredy Villanueva abattu en 2008 - se sont déroulées dans le calme. C'est une fois ces marches terminées, vers 21 h 15, que « d'autres groupes » seraient arrivés sur place. 

« Ils ont décidé de se faire une fête dans le quartier sur le dos des Nord-Montréalais », dénonce Anie Samson. Elle affirme qu'il s'agit de groupes extérieurs, dont celui contre la brutalité policière.

« Je ne peux pas vous dire qu'il n'y avait personne de Montréal-Nord », a-t-elle toutefois précisé lorsqu'elle a été questionnée sur le sujet. Ce qu'on a comme informations, c'est que les casseurs ne faisaient pas partie des deux premières manifestations. » Elle a ajouté qu'il y avait « des informateurs sur le terrain qui ont marché avec les manifestants ». 

Pour la mairesse suppléante de Montréal-Nord, Chantal Rossi, qui a aussi participé à la conférence de presse des élus, jeudi matin, le pire est que les événements viennent stigmatiser de nouveau les résidents de son quartier.

« C'est déplorable que des gens de l'extérieur, des casseurs, viennent essayer de gâcher le travail qui se fait à Montréal-Nord depuis des années », dit-elle. Elle dit avoir reçu des appels d'organismes du quartier « déçus et peinés » par la tournure de la soirée.

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