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Catalogne : « On attaque nos droits fondamentaux »

Des milliers de Catalans ont manifesté dans les rues de Barcelone mercredi après que 14 de leurs dirigeants ont été arrêtés par les autorités espagnoles, qui ont aussi perquisitionné des dizaines de sites dans le but d'empêcher la tenue du référendum sur l'autodétermination de la région le 1er octobre prochain.

« On s’est mobilisé tout de suite quand on a commencé à recevoir les nouvelles que la police était entrée de force au gouvernement », a dit Jordi Solé, eurodéputé et maire d’une commune catalane.

« On se sent attaqué, on a attaqué nos institutions, on attaque nos droits fondamentaux, on attaque notre droit de voter, et c’est pour ça qu’on se mobilise », a-t-il ajouté en entrevue à l’émission 24/60, estimant que la réponse de Madrid aux velléités d’indépendance catalane « a dépassé une ligne rouge ».

« Renoncez une fois pour toutes à cette escalade de radicalisme et de désobéissance », a demandé dans la soirée le chef du gouvernement Mariano Rajoy, lors d'une brève allocution télévisée. Des mots qui font réagir l’eurodéputé.

« Il ne s’agit pas de désobéissance. Nous obéissons à la loi qui a été votée par notre Parlement, le Parlement de la Catalogne, a-t-il dit. Nous obéissons à la majorité parlementaire, qui est tout à fait une majorité légitime. »

La position de l’Europe

« On se demande quelle est la position européenne », déplore l’eurodéputé. D’une part, le président de la Commission Jean-Claude Juncker a reconnu que l’Europe respecterait l’issue du référendum. D’autre part, il a aussi affirmé que l’Union allait suivre les arrêts de la Cour constitutionnelle espagnole, qui a suspendu la loi catalane permettant le référendum.

Voulant des « réponses claires » de la part de l’Europe, M. Solé répète que « dans ce coin de l’Europe, il y a des droits fondamentaux qui viennent d’être attaqués ».

C’est « un gouvernement central qui travaille surtout pour l’unité de "leur" nation, de "leur" patrie, mais ils font ça en attaquant les droits fondamentaux des Catalans, alors on espère de la solidarité », a dit le politicien.

Même si Madrid a fait saisir près de 10 millions de bulletins de vote, M. Solé assure que le référendum du 1er octobre va avoir lieu.

D’ici là, la mobilisation va continuer, dit-il, mais ça va rester d'une façon civique et pacifique.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, l'Association nationale catalane (ANC), une des principales associations indépendantistes, a appelé les milliers de manifestants qui avaient envahi le centre de Barcelone à rentrer chez eux pour reprendre des forces... en vue d'un nouveau rassemblement.

Le rendez-vous a été pris à 12 h, jeudi, devant la Cour d'appel de Catalogne pour une nouvelle étape de mobilisation permanente.

Le Canada plaide pour « la règle de droit »

À partir du siège des Nations unies à New York, où il s'adressait jeudi à l'Assemblée générale, le premier ministre du Canada Justin Trudeau a dit souhaiter que « la situation en Espagne se calme » et que la règle de droit prévale.

Du même souffle, M. Trudeau a affirmé avoir pour principe que les autres pays ne se mêlent pas de questions identitaires ou de souveraineté, dans un pays donné.

Justin Trudeau s'est référé à sa propre expérience des référendums au Québec : « Nous, au Québec, on n’appréciait pas que d’autres pays parlent trop fort […] sur ce que les Québécois allaient et avaient à décider [pour] eux-mêmes ».

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