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Catherine Tait veut livrer de « l'information crédible » aux Canadiens

Radio-Canada/CBC a une nouvelle présidente-directrice générale en la personne de Catherine Tait, qui vient d'entrer en fonction pour un mandat de cinq ans. Dans une entrevue accordée à Marie-Eve Bédard au Téléjournal 22 h, elle estime que « le diffuseur public joue un rôle plus important que jamais ».

Que représente CBC/Radio-Canada pour vous?

La différence entre le privé et le public, en tant que diffuseur, c’est surtout l’impact qu’on peut avoir sur le public canadien en général. Après 35 ans de travail comme entrepreneure en production, la raison pour laquelle c’est pour moi le poste idéal, c’est que je peux travailler sur un plateau beaucoup plus grand et retourner au service public. J’ai commencé ma carrière à Ottawa au ministère des Communications.

Maintenant, sur ce que fait et doit faire CBC/Radio-Canada, qu’est qui est prioritaire? Est-ce l’information, le divertissement, la production d’émissions d’affaires publiques?

Pour moi, c’est un équilibre. [...] C’est toujours important de trouver l’équilibre entre ces trois mandats.

Vous arrivez à un moment où l’information est en plein bouleversement. [...] Comment Radio-Canada s’inscrit-elle dans cette tourmente-là [...] avec les fake news, les fausses nouvelles?

C’est une des raisons pour lesquelles j’ai postulé. En ce moment, [avec] la perturbation de nos systèmes médiatiques, le diffuseur public joue un rôle plus important que jamais. C’est à nous de sauver notre culture canadienne et francophone, aussi. De livrer de l’information crédible aux Canadiens et aux Canadiennes, et bien sûr, de les divertir aussi.

Est-ce qu’on doit prioriser l’information régionale, nationale ou internationale?

L’information à l’étranger est très importante, mais il faut revenir au mandat du diffuseur public, qui est de servir les Canadiens où ils sont, au Canada, dans les régions, avec leurs histoires, avec l’information qui les touche. Encore une fois, il faut de l’équilibre, mais le local est très important.

Des producteurs du secteur privé disent que Radio-Canada devrait peut-être devenir un diffuseur plutôt qu’un générateur de contenu. Avec votre sensibilité de productrice, êtes-vous sensible à cet argument?

J’ai assisté hier à l’émission Les dieux de la danse et j’ai vu un partenariat entre un producteur indépendant et notre équipe, ici à Radio-Canada. On a travaillé ensemble et on monte un spectacle quand même impressionnant. Il y aura toujours un besoin d’avoir des gens à l’intérieur de CBC/Radio-Canada qui travaillent comme créateurs. En même temps, je trouve que les indépendants donnent un souffle aux idées et qu'il faut travailler avec le maximum de talents.

Vous avez choisi de vous installer à Ottawa. Pourquoi pas à Toronto ou à Montréal? Cherchez-vous à vous rapprocher du pouvoir public? Quelle relation entrevoyez-vous avec Ottawa?

Il faut comprendre que j’ai ma mère à Ottawa et il faut que je me rapproche d’elle! Blague à part, le grand défi pour le diffuseur public, c’est de promouvoir notre marque, une marque très, très puissante. Les Canadiens aiment beaucoup Radio-Canada et CBC, mais il y a du travail à faire à Ottawa pour convaincre le gouvernement, tous les influenceurs, de l’importance de la radiodiffusion publique.

Quels sont les modèles qui vous inspirent ailleurs qu’au Canada?

J’aime beaucoup BBC; c’est l’un des modèles les plus importants. Ce réseau est très bien financé et il a énormément de ressources. C’est sûr que c'est le système qu’on aimerait avoir.

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