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Ce 12 août, achèterez-vous un livre québécois?

Lancée l'an dernier sans tambour ni trompette par deux auteurs, la campagne Le 12 août, j'achète un livre québécois est de retour cette année.

Les organisateurs ne sont liés à aucune association, même si le ministère de la Culture et des Communications les a approchés. « Nous ne sommes associés à personne ni à aucune organisation, car le problème quand on s'allie à de grosses machines, c'est qu'on porte leur lourdeur. Ce qui fait que ça marche, c'est que ça reste simple. S'il y a des décisions à prendre, elles viennent de Patrice et de moi. Nous n'avons de comptes à rendre à personne », explique Amélie Dubé, qui est l'organisatrice de l'événement avec son collègue, l'auteur Patrice Cazeault.

Malgré ceci, dans les médias sociaux, plusieurs organisations s'associent à l'événement et en font la promotion. « On en est très heureux. Tout le monde est bienvenu. On ne renie personne. Que les éditeurs, les librairies et les associations fassent des événements, c'est tant mieux », lance Amélie Dubé.

Aucuns critères ni contraintes ne sont indiqués sur la page Facebook de l'événement. On demande seulement aux lecteurs de publier un egoportrait pris avec le livre acheté ou un bon de commande. « Les gens aiment que ça ne soit pas compliqué. Le seul critère est d'acheter un livre québécois, peu importe le format, le lieu et la manière. Tout ce qu'on veut, c'est que ce soit une fête. », souligne Amélie Dubé.

Un coup de pouce aux auteurs québécois

L'objectif des deux auteurs n'est pas de révolutionner le monde du livre, mais de sensibiliser la population à l'achat de livres locaux. « Très peu d'auteurs vivent de leur art et c'est sur qu'on ne peut pas rattraper en une seule journée la baisse des ventes de livres », tempère Amélie Dubé.

L'an dernier, la campagne a été un succès. La vente de livres québécois a connu une augmentation de 23 %, selon les données recueillies par la Société de gestion de la banque de titres de langue française (BTLF) pour le 12 août 2014 par rapport à la même journée l'année précédente. Amélie Dubé, elle, parle d'une augmentation de 49 %.

« Les libraires nous ont parlé d'un 23 décembre en plein été. Plusieurs ont ajouté des caisses supplémentaires. »

Sur le portail des librairies indépendantes du Québec, Les libraires, la fréquentation avait augmenté le 12 et le 13 août 2014 pour revenir à la normale par la suite.

Des ventes en baisse

Malgré tout, cette journée n'a pu compenser les mauvais résultats de l'année 2014, qui a été particulièrement difficile. Les ventes totales de livres neufs ont chuté de 9,5 % de 2013 à 2014, passant de 688 105 847 $ à 622 419 508 $.

Il s'agit des ventes annuelles les plus faibles depuis 2001, première année où l'étude a été menée par l'Observatoire de la culture et des communications du Québec (OCCQ).

Cette tendance se confirme pour les quatre premiers mois de 2015. Selon les chiffres cumulatifs de l'OCCQ, la baisse est de 6,5 % par rapport à la même période en 2014.

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