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Ce garçon transgenre trouve sa place grâce au football

La vie de Kenny Cooley a changé lorsque ce jeune transgenre, auparavant victime d'intimidation, s'est joint à l'équipe de football de son école. S'il accepte d'en parler, c'est pour que les perceptions changent. Portrait.

Un texte de Jacinthe Taillon

Il est 11 h 17 à l'école secondaire Halifax West en Nouvelle-Écosse. La cloche sonne, annonçant la fin de la deuxième période de cours lorsque nous nous apprêtons à faire la connaissance de Kenny Cooley, un garçon transgenre de 17 ans. Dès les premiers instants, nous sommes charmés. Kenny est souriant, dynamique et lumineux. Ce qui frappe encore davantage, c'est la confiance en lui qu'il dégage.

Aujourd'hui, il partage son histoire pour faire évoluer certaines mentalités.

Kenny a passé des années à s'interroger sur son orientation sexuelle. Puis, il a compris.

Ça a été comme si on le délestait d'un immense poids. Mais le soulagement a été de courte durée.

Kenny avait 15 ans quand il s'est présenté à l'école pour la première fois comme garçon. Sa sortie a créé une onde de choc et il s'est buté à l'incompréhension de plusieurs. Il est devenu la cible d'intimidation et a même eu peur pour sa sécurité. L'adolescent a perdu beaucoup d'amis.

La vie était devenue intolérable dans son environnement scolaire. Kenny a donc changé d'école en 11e année pour se joindre au West Halifax High School. Une école réputée, selon lui, pour son inclusion envers les communautés ethniques et LGBT.

Au départ, Kenny n'a rien dit. Il s'est fait beaucoup d'amis. Pour eux, il était Kenny, point. Mais à l'ère des réseaux sociaux, son secret n'a pas tenu longtemps. D'ailleurs, Kenny n'a rien à cacher. Sur ses comptes Facebook et Instagram, il y a Kenny, mais aussi Kennedy, la fille qu'il était avant sa transition.

Kenny a longuement hésité avant de tenter sa chance au football, par crainte de ne pas être à la hauteur dans ce sport robuste.

Kenny a été retenu par les Halifax West Warriors. Il a jugé important de dire à l'entraîneur qu'il était un garçon transgenre. Il lui a aussi fait part de ses craintes puisqu'il n'avait jamais pratiqué ce sport.

Quelques jeunes sont venus à la rencontre de Kenny pour lui dire qu'il faisait dorénavant partie de la famille des Warriors. Dans cette équipe, on a droit au respect.

Kenny est reconnaissant de l'accueil qu'il a reçu. Selon lui, l'inclusion fait toute la différence dans une vie, peu importe sa réalité.

L'histoire de Kenny n'est pas unique. Les personnes transgenres sont de plus en plus nombreuses à s'affirmer et à réclamer la fin de la discrimination dans la vie, comme dans le sport.

Selon le professeur Gilbert Émond de l'Université Concordia, à Montréal, qui s'intéresse à l'homophobie et qui s'implique dans la communauté LGBT depuis de nombreuses années, il devient impératif en tant que société de s'attarder à l'intégration des personnes transgenres dans le sport.

Cette question, les associations et fédérations sportives doivent se la poser. À ce jour, la majorité d'entre elles n'ont pas de règles claires concernant les athlètes transgenres. Par exemple, à l'Halifax West High School, on s'inspire du code de la fédération sportive interscolaire de la Nouvelle-Écosse.

Le Comité international olympique a commencé à sensibiliser les fédérations internationales. En janvier 2016, il a émis une série de recommandations pour encadrer cette réalité une fois que l'athlète a entamé un traitement hormonal.

À Hockey Canada, il n'existe aucune politique nationale pour encadrer les athlètes transgenres et l'on ne prévoit rien en ce sens pour l'instant.

Kenny Cooley espère qu'un jour, les athlètes transgenres auront leur place dans le sport, peu importe leur niveau de compétition.

Kenny Cooley vient de commencer à recevoir ses injections de testostérone. Dans quelques mois, sa voix sera plus basse, ses muscles seront plus forts et sa silhouette changera.

Kenny Cooley a maintenant l'appui de sa famille et de son entourage à l'école et dans le sport. Il a trouvé son bonheur et espère qu'il pourra en inspirer d'autres. À ceux qui vivent des difficultés, il lance ce message.

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