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Ce qu'il faut retenir des bilans de fin de session des partis politiques québécois

Les travaux parlementaires de la 41e législature étant terminés, c'est dans une certaine solennité que les partis politiques ont fait vendredi leur bilan de fin de session. Étape importante avant la campagne électorale, les quatre formations politiques présentes à l'Assemblée nationale ont écorché leurs adversaires tout en se mettant en valeur. Voici les principaux points de leur discours.

Un texte de Vincent Champagne

Le PLQ plaide pour le renouveau dans la continuité

Évoquant l’instabilité économique engendrée par les politiques commerciales du président américain Donald Trump, le premier ministre Couillard a plaidé pour la réélection de son gouvernement, qui a redressé les finances publiques du Québec et qui saura maintenir, assure-t-il, l’élan économique.

« Pourquoi prendre un risque? C’est fragile, tout ça », a lancé M. Couillard lors de son bilan de session, bien au fait du vent qui semble porter la Coalition avenir Québec, du moins dans les sondages.

Le premier ministre a tenté le difficile pari d’incarner le changement – tant désiré par les citoyens – alors que son parti règne depuis 2003, sauf pendant les 18 mois du gouvernement péquiste de Pauline Marois.

« Pour le renouveau, ça prend de la continuité », a-t-il lancé, entouré de ses députés. Le Parti libéral est tout à la fois une « équipe solide qui a fait ses preuves » et « le véhicule de la relève de la garde », a dit M. Couillard, qui avait positionné proche de lui ses plus jeunes élus et les femmes de son caucus.

Les thèmes économiques chers au PLQ ont dominé le discours du premier ministre, qui entend faire campagne sur le sujet. Vantant son bilan dans tous les domaines – santé, éducation, culture – il a répété que « la saine gestion des finances publiques […] rend tout le reste possible. ».

M. Couillard n’a pas parlé une seule fois du Parti québécois dans sa conférence de presse, mais il n’a pas manqué d’épingler François Legault. Le chef de la Coalition avenir Québec « n'est pas souvent là » pour défendre ses idées, a-t-il attaqué.

Malgré ces attaques, M. Couillard assure qu’il va faire campagne « dans la bonne humeur », en s’opposant aux idées, et non aux personnes.

Le Parti québécois défend ses convictions

Le chef du Parti québécois Jean-François Lisée a pour sa part renvoyé dos à dos le Parti libéral du Québec et la Coalition avenir Québec, proches parents sur le plan idéologique, a-t-il fait valoir.

M. Lisée a noté que les partis de Philippe Couillard et de François Legault ont voté communément contre plusieurs projets de loi et motions présentés par le PQ en cours de session.

« On a déposé une motion à l’Assemblée nationale demandant qu’on rénove toutes les écoles avant d’envisager une réduction de la taxe scolaire. Ils ont dit non », a donné comme exemple M. Lisée.

Pour le chef du PQ, les décisions du gouvernement libéral et de la CAQ ont nui à l’économie, citant le refus des deux partis d’exiger 25 % de contenu local dans l’acquisition de matériel de transport roulant. Il a également évoqué l’obligation faite aux grandes entreprises, de faire payer les PME dans les 30 jours. « Les libéraux ont refusé d’aider les petites entreprises », a-t-il critiqué.

Selon M. Lisée, la Coalition avenir Québec surfe pour sa part sur le désir de « changement à tout prix », alors que le Parti québécois serait le mieux placé pour gouverner. « La vérité des convictions et des priorités, elle n’est pas dans les déclarations de principes. Elle est dans les budgets, les votes, les combats qu’on a menés », a-t-il soutenu.

La CAQ critique les 15 ans de règne des libéraux

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a quant à lui mis de l’avant les trois domaines qui seront ses grandes priorités s’il est élu premier ministre du Québec le 1er octobre prochain.

Le Québec aurait pu faire mieux dans ces trois domaines – l’éducation, l’économie et la santé – au cours des 15 dernières années, n’eût été le Parti libéral, a essentiellement martelé François Legault.

« Le Québec avait le même taux de diplomation que l’Ontario, il y a 15 ans. Aujourd’hui, on en a 10 % de moins », a-t-il donné en exemple.

« Il y a 15 ans, quand on regarde le revenu disponible, qui est le revenu après impôts et taxes, le Québec était la quatrième province sur dix. Aujourd’hui, c’est la dixième sur dix », a-t-il ajouté.

« Est-ce qu’il y a eu du changement dans le réseau de la santé depuis 15 ans? Moi, le seul changement que j’ai vu, c’est le changement du salaire des médecins », a-t-il affirmé.

Au chapitre de l’éducation, M. Legault estime qu’il est essentiel d’allouer plus de ressources aux élèves en difficulté.

Sur le plan économique, il entend gérer dans la rigueur, sans couper dans les services, tout en créant des emplois, diversifier les exportations et « remettre de l’argent dans les poches des Québécois ».

Par ailleurs, François Legault a promis une « tolérance zéro » pour la corruption et le copinage.

Québec solidaire demande aux citoyens de les découvrir

Enfin, la troisième opposition à l’Assemblée nationale, Québec solidaire, a interpellé la population pour qu’elle découvre ses propositions politiques.

« Intéressez-vous à nous! », a lancé la co-porte-parole Manon Massé, estimant que son parti offre ce que les citoyens demandent, à savoir la gratuité des soins dentaires, la gratuité scolaire et la réduction des tarifs de transport en commun.

« Québec solidaire est beaucoup plus que la caricature qui en est faite », a insisté Mme Massé, clamant que, contrairement aux autres partis, le sien est « au service du peuple », et non à celui des puissants.

Prenant acte du besoin de changement au sein de la population, Manon Massé remet en question l’option que semblent choisir les Québécois à quelques mois des élections, à savoir la Coalition avenir Québec (CAQ).

« Remplacer le Parti libéral du Québec par la Coalition avenir Québec, ce n’est pas ça, du changement : c’est changer quatre 30 sous par une piasse », a lancé Manon Massé, qui met ces deux partis, ainsi que le Parti québécois, dans le panier de l’establishment.

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