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Ce qu'il faut savoir avant le début de l'enquête publique sur l'affaire Wettlaufer

Les deux avocats qui ont été nommés pour assister la commissaire Eileen Gillese ont fait le point pour la première fois jeudi à London sur l'enquête publique indépendante que le gouvernement Wynne a ordonnée sur l'affaire Wettlaufer.

Un texte de Jean-Philippe Nadeau

L'ancienne infirmière Elizabeth Wettlaufer a été condamnée, en juin, à la prison à vie sans droit de libération conditionnelle avant 25 ans pour le meurtre de huit de ses anciens patients dans des résidences de soin de longue durée du sud-ouest de l'Ontario de 2007 à 2016.

D'entrée de jeu, les avocats William McDowell et Elizabeth Hewitt rappellent que l'enquête publique ne sera pas un procès. « Personne n'est et ne sera accusé de quoi que ce soit devant cette commission », explique Me McDowell. Les deux avocats ajoutent que les preuves qui seront dévoilées lors des audiences publiques ne pourront pas servir non plus à des poursuites éventuelles au civil.

Le mandat de la commission consistera à :

  • faire enquête pour comprendre les raisons pour lesquelles une infirmière a pu tuer en toute impunité des patients dans des centres de soins de longue durée où elle était à l'emploi;
  • relever les lacunes dans l'embauche du personnel infirmier et l'administration des soins;
  • identifier des failles dans le système de surveillance pour éviter qu'une telle tragédie ne se reproduise.

Les travaux devraient durer de 18 à 24 mois selon Me McDowell, qui souligne que l'échéancier est « raisonnable ».

Les travaux de la commissaire comporteront deux grandes parties :

  • les faits, le contexte dans lequel les crimes ont été commis et les facteurs qui ont contribué à la commission des meurtres
  • les lois et les politiques sur les soins de longue durée, les protocoles des foyers d'accueil concernés dans cette affaire et les mécanismes de surveillance de la province

Les deux avocats n'ont pas été en mesure de préciser si des premiers ministres passés ou présent (ou des ministres) seront appelés à la barre des témoins ou si la meurtrière y sera convoquée.

« Nous avons la possibilité de faire comparaître Elizabeth Wettlaufer par sommation s'il le faut, mais il est trop tôt pour le dire », ajoute Me McDowell. Les deux avocats précisent que les anciens employeurs de l'ex-infirmière et les organismes de la profession ont accepté de collaborer à l'enquête.

On ignore toutefois où exactement dans le sud-ouest de l'Ontario se tiendront les audiences. Il se pourrait en outre qu'une partie des consultations se tienne à Torotno pour des raisons pratiques (s'il faut par exemple faire venir un expert de l'étranger).

Elizabeth Wettlaufer, 50 ans, a été radiée la semaine dernière de l'Ordre des infirmières autorisées de l'Ontario après avoir été reconnue coupable d'inconduite professionnelle devant un comité de discipline.

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