Des gènes qui déterminent la complexité animale – et qui font de l'humain un être beaucoup plus complexe que la mouche – ont été identifiés pour la première fois par des biochimistes britanniques.

Un texte d'Alain Labelle

Le Dr Colin Sharpe et ses collègues de l’Université de Portsmouth ont découvert un mécanisme jusqu’aujourd’hui inconnu qui permet de modifier la complexité d’une cellule d’une espèce animale à l’autre. Ce mécanisme fait intervenir certaines protéines et leur capacité à contrôler des « événements » dans le noyau cellulaire.

Le chercheur explique que notre façon de mesurer la complexité d’une espèce par rapport à une autre est le nombre de différents types de cellules qu’elle possède. « Mais on savait peu de choses sur la façon dont cette complexité est atteinte au niveau génétique », ajoute-t-il.

Pour réussir à les trouver, l’équipe britannique a analysé les données génomiques de neuf espèces animales, de l’humain au ver rond et la mouche à fruit, en passant par le macaque.

Elle a ainsi calculé la diversité génétique de chacune des espèces et a constaté qu’un petit nombre de protéines interagissaient mieux avec les autres protéines et avec la chromatine, cette structure au sein de laquelle se trouve l'ADN dans le noyau des cellules.

Au départ, le Dr Sharpe et son équipe pensaient réussir à identifier des gènes qui interagissent directement avec l’ADN pour réguler d’autres gènes. Ils ont plutôt trouvé des gènes qui interagissent avec la chromatine.

Cette connaissance est importante, explique le Dr Sharpe, parce que les scientifiques étudient les animaux pour mieux comprendre les maladies humaines. Les chercheurs se demandent cependant si parfois un modèle animal n’est pas trop simple pour être utile, et si des résultats obtenus chez une espèce peuvent se transposer à une autre plus complexe.

Une meilleure compréhension des différences entre les animaux et des limites qu'elles imposent lorsque vient le temps d’interpréter des résultats permettra un choix plus judicieux des modèles animaux appropriés, estiment les auteurs, dont les travaux sont publiés dans la revue PLoS One.

Plus d'articles

Commentaires