Retour

Centrales au gaz : David Livingston coupable, Laura Miller acquittée

VERDICT Le chef de cabinet de l'ancien premier ministre Dalton McGuinty, David Livingston, a été reconnu coupable vendredi de tentative de méfait et d'utilisation illégale de matériel informatique, relativement à la suppression de courriels en lien avec l'annulation de deux projets de centrale au gaz naturel. Son adjointe à l'époque, Laura Miller, a été acquittée des mêmes accusations.

Dans un jugement long et étoffé, le juge Timothy Lipson a affirmé que les preuves étaient accablantes contre l'ancien chef de cabinet de Dalton McGuinty et qu'il savait ce qu'il faisait.

David Livingston a, selon lui, ignoré les recommandations importantes du personnel juridique de Queen's Park, qui lui avait dit de prendre des précautions quant à la conservation de documents qui pourraient faire l'objet de demandes d'accès à l'information.

Il a plutôt choisi, a dit le juge, de prendre des mesures extrêmes et non autorisées pour éliminer ces documents.

Le juge a toutefois affirmé qu'il était impossible de dire, hors de tout doute raisonnable, que son adjointe Laura Miller était au fait de ces recommandations légales ou qu'elle savait ce qui était en train de se produire.

Les deux impopulaires projets de centrales à Oakville et à Mississauga avaient été annulés par les libéraux respectivement avant et pendant la campagne électorale de 2011, une décision qui allait coûter 1,1 milliard de dollars aux contribuables.

L'enjeu du procès était de déterminer si Livingston et Miller avaient :

  • fait effacer des disques durs dans le bureau du premier ministre pour cacher la vérité sur les deux projets avortés de centrales au gaz (théorie de la Couronne);
  • ou supprimé simplement des renseignements personnels dans le cadre d'une transition normale entre deux gouvernements (arguments de la défense).

La défense soutenait que rien ne prouvait que Livingston et Miller avaient détruit intentionnellement des messages gouvernementaux importants. Ces derniers n'avaient présenté aucun élément de preuve en cour pour leur défense.

Impact sur l'élection?

Le verdict tombe à moins de cinq mois des prochaines élections provinciales.

Les libéraux sont au pouvoir depuis près de 15 ans et sont en perte de vitesse face aux conservateurs dans les intentions de vote.

Dans un communiqué, le chef du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario, Patrick Brown, affirme que ce « verdict de culpabilité est une mise en accusation des 15 années de corruption politique des libéraux ».

Kathleen Wynne n'était pas première ministre à l'époque et n'était accusée de rien dans ce procès, mais elle faisait partie du Cabinet de Dalton McGuinty.

Les partis d'opposition pourraient aussi se servir de la cause pour rappeler aux contribuables que l'annulation par les libéraux des impopulaires projets de centrales au gaz leur a coûté plus de 1 milliard de dollars, selon la vérificatrice provinciale.

Le Nouveau Parti démocratique de l'Ontario affirme d'ailleurs par voie de communiqué que « les Ontariens sont, et c'est compréhensible, toujours contrariés par le fait que les libéraux aient gaspillé plus de 1 milliard de dollars d'argent public pour conserver quelques sièges ».

La porte-parole du bureau de la première ministre, Jennifer Beaudry, rappelle d'abord dans une déclaration écrite que « cette affaire impliquait d'anciens fonctionnaires de l'ancien premier ministre ».

La cause de la Couronne s'effrite

Le procès n'aura pas été facile pour la Couronne :

  • D'abord, le juge avait exclu comme expert l'ancien spécialiste en informatique de la Police provinciale, Robert Gagnon. La défense disait qu'il avait un parti pris, parce qu'il avait aidé les policiers dans leur enquête.
  • La Couronne avait ensuite dû abandonner, faute de preuves suffisantes, les accusations d'abus de confiance contre Miller et Livingston.
  • Puis, le juge avait réduit le chef d'accusation de méfait contre le duo à celui de tentative de méfait.

En revanche, le magistrat avait rejeté la requête en non-lieu de la défense, qui avait cherché à faire annuler le procès.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Le plus beau cadeau qu'elle pouvait recevoir





Rabais de la semaine