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Ces adultes qui ne quittent pas la maison familiale

Les jeunes adultes sont de plus en plus nombreux à rester avec leurs parents, et la tendance est plus importante chez les hommes. Serions-nous en train d'assister à un allongement de la jeunesse?

D'après un reportage de Katherine Tremblay à Remue-ménage

En 2011, 25 % des Canadiens de 25 à 29 ans cohabitaient avec leur famille, c'est plus du double qu'au début des années 80.

C'est le cas de Naïm Poonja Tremblay. Il habite Pierrefonds, un arrondissement de l'ouest de l'île de Montréal. À 30 ans, il vit toujours chez ses parents.

En 2001, le film Tanguy a connu un succès retentissant. Cette comédie fait le portrait d'un étudiant de 28 ans qui colle à la maison, au grand désespoir de ses parents.

Selon le sociologue Jacques Hamel, le terme « Tanguy », assez péjoratif, ne peut pas être associé à l'ensemble des jeunes qui habitent aujourd'hui chez leurs parents.

« Les enquêtes révèlent que, finalement, les Tanguy sont très peu nombreux à correspondre à cette image dépréciative qu'on voyait dans le film », estime le professeur à l'Université de Montréal.

Pour Naïm, rester chez ses parents lui permet de prolonger ses études. « Travailler, puis être aux études en même temps, c'est difficile », souligne-t-il. Après de longues études en biologie cellulaire et moléculaire, Naïm a récemment changé de cap pour aller de l'avant avec son projet d'affaires.

L'avenir et le loyer 

Avec ses deux amis et collaborateurs, Julie-Kim Sayegh, 27 ans, et Patrick Jamati, 28 ans, Naïm prévoit ouvrir un centre d'escalade de bloc dans l'ouest de l'île de Montréal.

Les trois nouveaux associés n'ont pas que l'escalade en commun. Ils habitent tous chez leurs parents.

Et aucun d'eux ne paie de loyer. « Mais pourquoi on en demanderait un, ça ne nous coûte pas plus cher qu'il reste. Je veux dire, le toit est le même, et ça n'a rien changé », dit la mère de Naïm, Nazira Poonja.

Son père, Pierre-Maurice Tremblay, est tout à fait à l'aise de vivre encore avec son fils.

Précarité et changement de mentalité

Cette tendance à vivre plus longtemps au domicile parental s'explique non seulement par des études postsecondaires plus longues, mais aussi par le prix élevé des maisons et la précarité du marché de l'emploi.

Le changement de mentalité des parents y est également pour quelque chose. Selon le sociologue Jacques Hamel, les parents « sont beaucoup plus ouverts d'esprit » aujourd'hui et « partagent à bien des égards la culture de leurs enfants ».

Il n'y a pas que ces jeunes qui profitent de la cohabitation. Les parents aussi y trouvent leur compte.

L'une des conséquences pour ces jeunes adultes, c'est que la vie de couple débute à un âge plus avancé qu'autrefois. Les enfants arrivent donc aussi plus tard.

La mère de Naïm en profite tant qu'elle le peut. « J'aurais aimé garder tous mes enfants chez moi éternellement », reconnaît-elle avant d'ajouter : « OK, mais ce n'est pas souhaitable. »

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