Les cours de coréen sont de plus en plus populaires dans les universités canadiennes. Certains établissements n'arrivent même plus à fournir à la demande. Est-ce la fièvre des Jeux olympiques? Plutôt celle de la K-pop.

Un texte de Laurence Martin

Gangnam Style. 3 milliards de visionnements sur YouTube. Le « hit de l’été » 2012.

Ce succès sud-coréen, vous l’avez sans doute fredonné — sans y comprendre grand-chose. Vous avez peut-être même essayé d’imiter les mouvements du chanteur Psy quand il semblait vouloir monter à cheval. Et puis, votre intérêt pour la musique populaire coréenne — la K-pop — s’est arrêté là.

Mais, au Canada, il y a de vrais fans de cette musique. Des amateurs qui vont jusqu’à apprendre le coréen pour comprendre toutes les paroles.

Alexandra San Diego, une jeune femme qui a grandi à Edmonton et dont les parents ont immigré des Philippines, vient tout juste de terminer son baccalauréat en études coréennes à l’Université de l’Alberta.

Elle se souvient du jour où elle a écouté de la K-pop pour la première fois. Elle avait 11 ans.

« Pour moi, la K-pop, c'était un moyen d'échapper à mon quotidien à Edmonton, d’aller ailleurs, sans quitter ma chambre », explique-t-elle.

Le coréen plus populaire dans les universités

Cet engouement pour la musique populaire coréenne, on le ressent à travers les universités du pays.

Depuis la sortie de Gangnam Style, en 2012, les cours de coréen sont plus populaires que jamais au Canada.

Ces statistiques excluent les étudiants qui n'ont pas réussi à obtenir une place. À l’Université de Toronto, par exemple, 150 personnes sont sur la liste d’attente.

On observe d'ailleurs la même tendance dans les universités américaines. Selon l’Association de Langues Modernes, les cours de coréen sont ceux qui ont connu la plus forte augmentation parmi toutes les langues étrangères sur les campus aux États-Unis.

Bien entendu, les taux d’inscription restent largement inférieurs à ceux pour l’espagnol ou le français, mais la tendance est tout de même claire et à la hausse.

Mission séduction

Pour Laurence Monnais, qui dirige le Centre d’études de l’Asie de l’Est à l’Université de Montréal, il faut voir la K-pop dans un ensemble plus large.

Les jeunes Occidentaux ont accès à de la musique et à des films qu'ils n'auraient pas pu consommer il y a 20 ans. Et le gouvernement coréen fait beaucoup d'efforts pour promouvoir sa culture à l'étranger.

La Corée du Sud est aussi le septième partenaire commercial du Canada. Apprendre le coréen peut donc être avantageux, d’un point de vue d’affaires.

Et puis, si vous vous intéressez à l’Asie et à l’Asie de l’Est, en particulier, le coréen est, aux dires de plusieurs, plus facile à lire que le chinois, parce qu’il y a un alphabet phonétique.

« En coréen, ajoute Ereinne Hall, une étudiante à l’Université de l’Alberta, tu vas former des mots avec les différentes syllabes », comme en anglais ou en français.

Ereinne souhaite devenir actrice à Séoul, même si elle est blanche : « Pour moi, ce sera un rêve d’être là-bas et de me plonger dans la culture. »

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