Des canadiens refusent de passer leurs vacances aux États-Unis pour protester contre le décret qui interdit l'entrée en sol américain aux ressortissants de sept pays.

Un texte de Katherine Brulotte

Shirley Moore, une résidente de Toronto, refuse de se rendre aux États-Unis. Elle explique que c'est un acte politique.

Je n'ai pas de vote aux États-Unis, mais c'est mon vote. Mon vote c'est mon argent, voyager aux États-Unis.

Shirley Moore

Elle affirme que de traverser la frontière la gênerait dans le contexte actuel, alors que Donald Trump a resserré les règles en matière d'immigration et interdit l'entrée du territoire aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane.

Elle n'est pas la seule à poser ce geste et sur les réseaux sociaux, les appels au boycott se multiplient.

Un mouvement difficile à mesurer pour l'instant

Selon une porte-parole de l'agence de voyages, Flight Centre, il est toutefois encore trop tôt pour savoir si le mouvement sera susceptible d'avoir un impact économique sur le tourisme aux États-Unis.

Selon l'entreprise, les voyageurs qui traversent ces jours-ci la frontière avaient planifié leur voyage bien avant la signature du décret par le président américain.

Les ventes de voyages entourant la semaine de relâche devraient être un meilleur indicateur de l'ampleur du mouvement.

Des universitaires passent à l'acte

Les effets du décret se font cependant déjà ressentir dans le milieu universitaire. Des chercheurs choisissent par exemple d'annuler leur participation à des conférences internationales qui étaient prévues aux États-Unis.

Un geste que songe à poser Emilie Gilbert, professeure de géographie à l'Université de Toronto. Selon elle, la crédibilité intellectuelle des conférences internationales qui sont prévues aux États-Unis dans les prochains mois sera minée par l'absence de participants des sept pays visés par le décret présidentiel.

L'effet c'est qu'on ne peut pas communiquer notre recherche, on ne peut pas communiquer avec les personnes qui font des recherches différentes et on ne peut pas faire notre job.

Emilie Gilbert, professeure de géographie à l'Université de Toronto

Le décret interdit l'entrée en sol américain des citoyens de la Syrie, de l'Iran, de l'Irak, de la Libye, de la Somalie, du Soudan et du Yémen et doit être en vigueur pour une période de 3 mois.

Plus d'articles