Les électeurs n'ont plus que quelques jours pour faire leur choix en vue du scrutin fédéral. Si on a beaucoup évoqué le vote stratégique pendant la campagne, certains électeurs sont toujours réticents à ne pas voter en fonction de leurs convictions. Pour les convaincre de déloger les conservateurs du pouvoir, un groupe propose une solution qui permet d'allier stratégie et convictions.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

Avec les trains, les autobus et les voitures qui circulent sans arrêt à côté du parc Thorton de Vancouver, pas évident de s'y faire entendre en fin de journée. C'est pourtant ce que tentait de faire jeudi un petit groupe de militants. Parmi eux, Jessica Chinn avait une affiche collée sur ses vêtements indiquant qu'elle cherchait un électeur qui serait prêt à échanger symboliquement son vote avec elle.

C'est que Jessica Chinn vit dans une circonscription de la région de Vancouver où les libéraux semblent les mieux placés pour déloger les conservateurs. Même si elle apprécie davantage le NPD et le Parti vert, elle votera donc pour la candidate libérale. Elle aimerait toutefois qu'en retour un sympathisant libéral vivant dans une circonscription où c'est le NPD qui mène vote pour le candidat néo-démocrate. Pour Jessica Chinn, c'est une option plus intéressante que le simple vote stratégique.

« Je le ferais quand même, mais ça aide avec les émotions. Mon vote n'est pas gaspillé », indique-t-elle

Jessica Chinn s'est rendue dans le parc Thorton à l'invitation du groupe CoVote, qui encourage l'échange de vote, aussi appelé « swap ». Par le passé, des représentants d'Élections Canada ont mentionné que la pratique n'était pas illégale, mais que les électeurs devaient être prudents pour ne pas être influencés par des gens qui se présenteraient sous une fausse identité.

Cette technique dont l'organisation CoVote fait la promotion sur le terrain, mais aussi sur Internet, est loin de convaincre tout le monde. « Il faut être vraiment organisé et être certain que ça va se passer », affirme une bénévole néo-démocrate croisée pendant qu'elle faisait campagne pour sa candidate.

Frustration à l'endroit du système électoral

Pour le politologue Rémi Léger de l'Université Simon Fraser, le fait que l'idée d'échanger des votes circule illustre une frustration à l'endroit du système électoral en place au Canada.

« Lorsqu'il y a une course à trois, et il y en a plusieurs en Colombie-Britannique, le système électoral canadien n'a pas de sens. Il y a des candidats qui vont remporter leurs sièges avec 35, 36 ou 37 % de l'appui de la population », avance-t-il.

Il constate également que « les gens qui sont frappés en plein visage par l'incapacité du système électoral de bien traduire les préférences sont plus nombreux, ce qui donne lieu à de belles initiatives ».

Les initiatives qui font la promotion du vote stratégique ont effectivement été nombreuses pendant cette campagne en Colombie-Britannique, mais aussi ailleurs au pays.

« Il y a beaucoup de groupes qui se font compétition pour avoir l'attention des électeurs progressistes », constate David Gagnon, du groupe CoVote, qui espère tout de même que l'idée d'échanger des votes saura se démarquer.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un homme sauve un faucon d'une attaque de serpent





Rabais de la semaine