En Amérique du Nord, 1 enfant sur 20 est frappé par le deuil d'un parent. Souvent, les enfants n'ont pas la maturité nécessaire pour comprendre ce que cela signifie. Heureusement, des organismes offrent un accompagnement aux jeunes en processus de deuil.

D'après un reportage de Julie Perreault à Remue-ménage

Il y a cinq ans, la vie de Jean-François L'Heureux et de ses trois enfants a basculé. Son épouse a perdu la vie dans un accident de la route. Jean-François et ses enfants étaient dans la voiture au moment de l'accident. Pour Anne-Catherine, Pierre-Karl et Alexandra, âgés respectivement de 7, 10 et 11 ans à l'époque, une lumière s'est éteinte.

« Je me demandais ce que j'allais faire. Je pensais que ça se finissait là, ma vie, mes bons moments », confie Alexandra.

La travailleuse sociale Josée Masson est directrice et fondatrice de Deuil-Jeunesse, un organisme de Québec qui vient en aide aux enfants et aux adolescents ayant perdu un proche. L'an dernier, l'organisme a aidé environ 1053 enfants endeuillés et plus de 300 enfants connaissant d'autres difficultés (maladie d'un proche, abandon ou séparation des parents).

Mme Masson a accompagné les enfants de Jean-François L'Heureux dans leur deuil.

« Ma grande [Alexandra], elle était déjà un peu anxieuse, et on dirait que son anxiété a été décuplée dans les semaines suivantes », affirme le père de famille.

Josée Masson estime que ce type de deuil peut amener beaucoup d'anxiété, puisque dans les cas de décès accidentels, les enfants sont souvent dans la voiture. « Ils sont présents, ils voient mourir une personne qu'ils aiment de tout leur coeur; après ça, ils peuvent associer la route à une possible mort. On la prend quoi, quatre fois par jour au minimum, la route? » explique-t-elle.

En même temps, les adultes peuvent, sans le vouloir, être très maladroits quand vient le temps de parler de la mort aux enfants. Ce tabou, la jeune Alexandra l'a ressenti dans son entourage au cours de son deuil.

« La société, on dirait que son approche par rapport au deuil, c'est de l'ignorer. On dirait que, selon elle, en ignorant un sujet qui peut être choquant, qui peut ramener de mauvais souvenirs, de la tristesse, qui peut ramener quelque chose de négatif [...], on ne va pas le vivre », dit-elle.

L'histoire de Rose

Rose a connu de longs séjours à l'hôpital au chevet de sa mère, morte l'été passé d'un cancer. Du jour au lendemain, la fillette, qui avait huit ans, est devenue orpheline, puisqu'elle n'a jamais connu son père. Elle fréquente Deuil-Jeunesse depuis un an et demi.

Malgré sa peine, Rose n'a pas pleuré quand sa mère est morte. « Pas une larme », dit-elle.

Ses rencontres avec Josée Masson l'ont aidée à se préparer à la mort de sa mère. Et à mettre des mots sur ce qu'elle vit.

« C'est vraiment prouvé que le deuil, ce n'est pas juste affectif. Ça va avoir un effet sur tout le corps. Ça fatigue énormément », affirme Mme Masson.

Ce que la recherche révèle aussi, c'est que les enfants, sur le plan cognitif, n'ont pas la même compréhension de la mort que les adultes. Entre autres choses, ils ne saisissent pas le caractère irréversible de la mort.

« C'est pour ça que les adultes, parfois, vont avoir de la misère à comprendre qu'un enfant joue au salon funéraire. Son père est dans le cercueil, comment fait-il pour jouer? Eh bien, c'est parce que l'enfant, il prend bouchée par bouchée, selon sa compréhension de la mort. Et le jeu, c'est sa sécurité », explique Josée Masson.

Nombre d'enfants ayant bénéficié de l'aide de Deuil-Jeunesse (2015) :

  • De 0 à 5 ans : 236 
  • De 6 à 12 ans : 764
  • De 13 à 17 : 365
  • Total : 1365

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