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Ces Européens qui s'opposent toujours à l'accord de libre-échange avec le Canada

L'opposition à l'Accord économique et commercial global entre le Canada et l'Union européenne n'a pas cessé avec sa signature dimanche. En Europe, certains citoyens n'ont toujours pas été convaincus par les élus. Nous sommes allés en rencontrer quelques-uns.

Un reportage de Raphaël Bouvier-Auclair

C'est l'un des plus importants traités de libre-échange jamais signé et les critiques sont nécessairement multiples. Menace pour les agriculteurs, manque de transparence, compétition déloyale pour les petites et moyennes entreprises : voilà tant d'enjeux que sont venus dénoncer dimanche à Bruxelles des manifestants opposés à l'accord de libre-échange avec le Canada.

Michel Guillaume, Namur

Ce petit entrepreneur est venu de Namur, la capitale de cette Wallonie qui, pendant un moment, a incarné l'opposition au traité. Son gouvernement a finalement accepté sous conditions une position commune belge qui a permis au Royaume d'approuver le traité.

Michel Guillaume, lui, n'est toujours pas rassuré. D'entrée de jeu, il tient à nous assurer que son affiche, sur laquelle on aperçoit le premier ministre Justin Trudeau, n'est pas un message qui vise uniquement le Canada. C'est le processus de consultation des accords de libre-échange, trop peu transparent à son avis, qu'il dénonce.

Puis, avec la fin d'une immense majorité de barrières tarifaires, il craint une compétition trop forte de la part d'entreprises canadiennes en sol européen.

Sarah Alvarez, Bruxelles

Si beaucoup de ces manifestants ont placé leur espoir au cours des derniers jours dans les actions menées par le gouvernement wallon, Sarah Alvarez, elle, ne se faisait pas d'illusion.

Malgré « l'effervescence », l'enseignante belgo-espagnole qui vit à Bruxelles se doutait que la pression serait forte.

Christine Pauperté, Bruxelles

Christine Pauperté, de son côté, ne cache pas être « déçue et très en colère » contre le gouvernement wallon. Elle reproche aux parlementaires de la Wallonie d'avoir évoqué la nécessité d'étudier la question pendant des semaines et de s'être finalement entendus avec le reste de la Belgique après d'assez courtes négociations.

Selon elle, puisque la position commune sur laquelle se sont entendus les Belges ne change pas le texte de l'accord, « c'est clairement un entubage ».

Marcel Van Baaren, Amsterdam

C'est justement la possibilité que des gouvernements puissent être poursuivis par des entreprises qui a motivé le Néerlandais Marcel Van Baaren à prendre la route entre Amsterdam et Bruxelles dimanche.

Il craint qu'en raison de grands traités de libre-échange, son gouvernement soit tenté de mettre le frein sur certaines initiatives qui ont pour but d'encadrer la qualité des aliments et d'encourager le recours à l'alimentation locale.

Comme d'autres manifestants, il dénonce un manque de discussions avec la société civile dans le processus qui a mené à l'accord.

Des effets concrets pour convaincre les gens

En conférence de presse, Justin Trudeau et les hauts dirigeants européens ont vanté un accord qu'ils ont qualifié à plusieurs reprises de progressiste.

Le premier ministre a noté qu'il y aura toujours des groupes qui s'opposeront au libre-échange et à la mondialisation, mais il a reconnu qu'il faut mettre en oeuvre des efforts pour convaincre les sceptiques.

« Maintenant, il s'agit de travailler ensemble pour aider les petites et moyennes entreprises, nos producteurs agricoles et nos individus à tirer le maximum de bénéfices de ces opportunités », a déclaré le premier ministre. 

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