Retour

Ces filles veulent chambouler l'univers masculin des jeux vidéo

L'univers des jeux vidéo est encore trop masculin selon sept jeunes femmes qui participeront à l'une des plus importantes compétitions internationales de jeux électroniques à Montréal en septembre. Portrait d'un milieu sexiste qu'elles souhaitent transformer.

Un texte d'Elisa Serret

L'événement Dreamhack Montréal accueillera plus de 1200 joueurs de jeux vidéo en ligne. Ce tournoi international attire les meilleurs dans le domaine. Mais parmi les participants, seulement 15 % sont des femmes.

Pour ces sept jeunes femmes de Montréal, il est temps que les choses changent. Leur mission : gagner, bien sûr; mais avant tout elles veulent démontrer que les filles ont aussi leur place dans cet univers. Les Montréalaises sont l'une des rares équipes entièrement féminines à compétitionner au tournoi d’Overwatch.

Le groupe se nomme Sailor Scouts, en référence à Sailor Moon, une héroïne de manga japonais aux pouvoirs magiques.

Les filles amatrices de jeux vidéo depuis longtemps se sont particulièrement senties interpellées par le jeu Overwatch. Ce jeu du studio californien Blizzard Entertainment propose un univers fantastique de superhéros où la moitié des personnages sont des femmes de diverses origines ethniques.

Un milieu encore trop sexiste

L’intimidation envers les femmes dans les jeux vidéo est chose fréquente. Stéphanie Yan, l'une des co-capitaines de l’équipe, a déjà reçu des messages haineux et sexistes parce qu'elle était une femme. Selon elle, c’est l'une des raisons pour lesquelles les filles s’intéressent moins aux jeux vidéo.

Son équipe et elle considèrent qu’il faut plus de jeux comme Overwatch où les femmes sont représentées de façon équitable et respectueuse pour augmenter la participation féminine.

Devenir des modèles

L’équipe Sailor Scouts a amassé des fonds pour pouvoir accueillir des femmes intéressées par les jeux vidéo et les accompagner.

Les jeunes femmes, qui s'entraînent au centre Mixed Virtual Arts, à Montréal, espère en encourager d'autres à compétitionner. Selon la co-capitaine des Sailor Scouts Véronique Bouffard, qui travaille chez Ubisoft, les femmes font leur place tranquillement et il faut les inciter à se lancer dans cet univers.

Du soutien de la communauté

Pour encourager les filles à compétitionner, le centre Mixed Virtual Arts commandite leurs sessions d'entraînement. Elles n’ont donc pas besoin de payer leur adhésion pour avoir accès à la salle.

Pour le cofondateur du centre Jean-Francis Tétrault, les femmes apportent un nouveau souffle à cet univers. Il souhaite aussi encourager plus de femmes à venir à son centre d'entraînement.

Plus de femmes créatrices

Selon Dave Hawey, professeur à l’École des arts numérique de l’animation et du design (NAD), c’est l’image négative qu'ont longtemps véhiculée les jeux vidéo qui freine l'intérêt des femmes pour les jeux vidéo.

Les choses changent tranquillement. Depuis qu’il enseigne, il observe que le nombre de femmes inscrites dans les programmes de créations augmente chaque année. Déjà, plus d’un tiers des étudiants sont maintenant des femmes à l’école NAD. Lorsqu'il a commencé ses études, c’était pratiquement seulement des garçons dans les classes.

Dave Hawey considère que ça prend plus d’artistes féminines pour créer les jeux pour attirer un public féminin. Les femmes ajoutent, selon lui, une sensibilité et une profondeur aux thèmes abordés dans les jeux vidéo.

Il faut travailler plus fort quand on est une femme

S'il y a de plus en plus de femmes inscrites à l’école NAD, tout n’est pas gagné. Josianne St-Pierre est une étudiante au baccalauréat à l'école des arts numériques de l'animation et du design. Elle doit redoubler d’efforts pour se faire entendre auprès de ses collègues masculins, dit-elle.

Pour faire sa place, Josianne St-Pierre a dû s’impliquer dans toutes sortes d’événements et au sein de son université. De cette façon, la jeune femme affirme devenir indispensable aux yeux de ses collègues masculins. Sans quoi, il lui arrive fréquemment de ne pas vraiment se faire entendre lorsqu’elle est la seule fille dans un groupe de travail.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un avion s'écrase dans un arbre





Rabais de la semaine