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Changement aux polices d’assurance : un Ontarien risque la faillite

Un père de famille qui a eu la double malchance d'avoir un accident de motocyclette le jour qu'entraient en vigueur de nouvelles règles d'assurance automobile en Ontario fait maintenant face à une montagne de factures pour soins de santé.

Adam Bari, 34 ans, a été jugé non responsable de la collision avec un véhicule sur une route rurale à Delhi, au sud-ouest de Hamilton, le 1er juin.

Les policiers l'ont d'abord cru mort. Il a passé un mois dans le coma à l'hôpital, met en lumière CBC.

Couverture amputée

Si l'accident s'était produit 12 heures plus tôt, M. Bari aurait été admissible à une couverture de 2 millions de dollars, clame son avocat.

Toutefois, selon les nouvelles règles provinciales en matière de police d'assurance, cette somme a été réduite à 86 000 $.

« Adam n'a pas reçu plus d'argent que quelqu'un qui se serait cassé un orteil durant un accident », dit sa femme Courtney Bari.

La couverture offerte aux assurés a été réduite dans le cadre de la promesse du gouvernement ontarien de faire baisser les primes dans la province. qui sont parmi les plus élevées au Canada.

La Commission des services financiers de l'Ontario, qui supervise l'industrie de l'assurance dans la province, défend les nouvelles règles, affirmant que l'ancienne définition d'une déficience invalidante, créée en 1996, était « dépassée ».

Pour sa part, le Dr Harold Becker de Toronto, qui évalue les victimes d'accidents de la route pour déterminer leur admissibilité à une couverture médicale, dit que les nouvelles règles clarifient les choses pour nombre de conducteurs, mais pas pour ceux qui ont des séquelles au cerveau.

« Le test de l'échelle de Glasgow a été éliminé, dit-il, alors que ça donnait une évaluation raisonnable et rapide. » Ce test permet de déterminer l'état de conscience d'un accidenté. Selon les nouvelles règles, les patients doivent attendre un test d'imagerie médicale, ce qui peut prendre plusieurs semaines, limitant leur recours potentiel auprès de leur compagnie d'assurance. 

Selon le Dr Becker, quelque 300 accidentés ontariens subissent une déficience invalidante chaque année. 

Les factures

Pour sa part, M. Bari a quitté l'hôpital il y a seulement trois semaines. 

Il a besoin de physiothérapie et d'aide à la maison. Sa femme ne travaille plus qu'une journée par semaine, pour l'amener à des rendez-vous à l'hôpital plusieurs fois par semaine, en plus de veiller sur leurs enfants jumeaux.

Par ailleurs, le régime d'assurance médicament de l'ouvrier a été réduit depuis qu'il ne peut plus travailler.

Sans leur assurance hypothèque, ajoute Mme Bari, la famille aurait perdu sa maison.

Les médecins ne savent pas si M. Bari pourra retourner un jour au travail et recommencer à conduire.

La famille compte aussi poursuivre le conducteur qui l'a happé. Ce dernier a été accusé de conduite dangereuse.

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