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Changement climatique : la diaspora forcée de la faune et de la flore

Une vaste étude publiée dans le magazine américain Science et coécrite par une quarantaine de scientifiques internationaux démontre que le changement climatique contribue au déplacement des espèces partout sur la planète. Un phénomène qui prend de la vitesse, disent les chercheurs, et qui aura bientôt des conséquences multiples pour les populations humaines.

Les espèces marines et terrestres se déplacent pour rester constamment dans des lieux tempérés adaptés à leurs besoins, explique Tero Mustonen, un scientifique finlandais qui a contribué à l'étude.

« Par exemple, des calmars géants de la Californie se retrouvent de plus en plus souvent dans les eaux des côtes de la Colombie-Britannique », raconte Isabelle Côté, professeure en biologie à l'Université Simon Fraser, dans la région de Vancouver.

« Les stocks de poissons qu'on exploite en ce moment vont se déplacer vers le Nord et pour certaines communautés qui dépendent des pêcheries, cela signifie peut-être perdre ces stocks qui seront remplacés par d'autres venant du Sud », ajoute-t-elle.

Cette migration pourrait avoir d'importantes répercussions sur la pêche de subsistance autochtone et sur l'identité culturelle des Premières Nations.

La température a augmenté d'à peu près 0,3 % degrés Celsius de 1982 à 2006 et une augmentation additionnelle de 1 ou 1,5 degré est prévue jusqu'en 2050, selon les scientifiques. « Ça ne paraît pas beaucoup mais pour les poissons ça veut dire des déplacements vers le Nord d'à peu près une trentaine de kilomètres en moyenne par décennie », affirme Isabelle Côté.

Le réchauffement de l'eau est également un élément à prendre en compte. Il est notamment davantage marqué dans le sud-est de l'Australie et dans les zones polaires où le déplacement des espèces est plus rapide.

Les scientifiques exhortent les gouvernements à investir davantage dans la recherche et à consulter le savoir autochtone connecté à l'évolution naturelle pour que les sociétés puissent s'ajuster au même rythme que la redistribution des espèces.

D'après un reportage de Geneviève Milord

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