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Choléra : la situation est inquiétante en Haïti, mais contrôlable

Les cas de choléra explosent dans le sud d'Haïti depuis le passage de l'ouragan Matthew. Les chiffres avancés par les responsables de la santé publique du département du Sud sont révélateurs : avant Matthew, il n'y avait qu'une douzaine de cas de choléra recensés. Les derniers chiffres, publiés le 12 octobre dernier, font état de plus de 446 cas, dont 12 morts.

Un texte de Frédéric Nicoloff

Les Haïtiens connaissent malheureusement bien le choléra depuis maintenant six ans. La maladie est apparue en 2010, quelques semaines après le tremblement de terre dévastateur qui avait fait plus de 200 000 victimes.

La source de l'épidémie avait été identifiée à l'époque dans un camp militaire de la Force de stabilisation des Nations unies occupé par des soldats népalais. Cette année-là, une épidémie de choléra sévissait au Népal. Ce n'est que tout récemment que l'ONU a reconnu sa responsabilité dans ce drame, qui a créé beaucoup de ressentiment dans la population haïtienne à l'endroit des soldats étrangers. Grâce à l'aide internationale, Haïti avait quand même réussi jusqu'à une certaine mesure à contenir cette épidémie, mais le passage de Matthew a changé les choses.

Désastre à Port-à-Piment

À deux heures d'automobile de la ville des Cayes, dans l'ouest de la péninsule de la Grand'Anse, se trouve au bord de l'océan la ville de Port-à-Piment. C'est près de là où l'œil de Matthew est passé. Les ravages sont énormes : où que l'on regarde, ce ne sont que maisons écroulées, arbres arrachés, plantations détruites.

Selon l'un des maires adjoints de la localité, Jasmay Daniel, plus de 2800 habitations ont été complètement rasées, ce qui représente environ 80 % des résidences de Port-à-Piment. Les autres ont été sérieusement endommagées. Les sinistrés tentent péniblement de réparer les dégâts, mais, faute de moyens, ils doivent se contenter d'abris sommaires. Des familles entières campent sur les ruines de leurs maisons.

C'est aussi à Port-à-Piment que s'est installée l'ONG Médecins sans frontières. Des médecins belges y soignent une cinquantaine de personnes atteintes du choléra. Le nombre a baissé depuis une semaine, explique le coordonnateur local de l'ONG, Gert Verdonck. Mais cela ne veut pas dire qu'une augmentation des cas n'aura pas lieu, prévient-il.

Selon lui, les Haïtiens ont une chance dans leur malheur : ils connaissent le choléra, ils savent comment s'en protéger. Cependant, dans les zones les plus touchées par l'ouragan, l'épidémie n'est pas une priorité.

Pourtant, d'après Cliford Gauthier, le directeur de la santé publique du département du Sud, cette résurgence de l'épidémie est contrôlable à plus ou moins long terme.

« Je pense, dit-il, que d'ici quelques semaines, nous reviendrons aux chiffres d'avant le passage de l'ouragan. La situation est inquiétante, avoue-t-il, mais elle est contrôlable, surtout avec l'aide des ONG humanitaires que nous recevons. »

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