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Cinq membres d’une ONG médicale tués dans un raid en Syrie

Un raid aérien mené par l'aviation syrienne ou russe a tué cinq membres d'une organisation non gouvernementale (ONG) médicale française et neuf combattants rebelles au sud d'Alep, en Syrie.

Deux infirmiers et deux ambulanciers syriens sont morts dans la frappe aérienne lancée vers 23 h hier dans le centre de la ville de Khan Touman.

Le bilan de l'attaque s'est toutefois alourdi lorsqu'un infirmier, grièvement blessé dans le raid, a succombé à ses blessures. D'autres personnes pourraient également se trouver sous les décombres du centre médical, selon l'Union des organisations de secours et de soins médicaux (UOSSM).

Cette ONG rassemble des médecins de la diaspora syrienne opérant dans les zones rebelles.

Le centre médical offrait des services d'urgence médicale à quelque 750 blessés par mois, dit l'ONG.

« Les attaques contre les travailleurs humanitaires augmentent de façon dramatique tant en intensité qu'en nombre », a déploré le Dr Anas Al-Kassem, président de UOSSM Canada, qui salue leur travail héroïque effectué dans des conditions dramatiques.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) précise que les combattants rebelles tués faisaient partie de l'alliance islamiste Jaïsh al-Fatah [armée de la conquête] qui est constituée du groupe Front Fateh al-Cham [ancienne branche syrienne d'Al-Qaïda), de l'ancien Front al-Nosra et d'autres groupes islamistes.

À Alep, ville divisée entre loyalistes et rebelles et principal front du conflit, des dizaines de frappes ont visé la métropole et ses environs dans la nuit, selon le correspondant de l'AFP et une ONG, deux jours après l'annonce par l'armée de la fin de la trêve dans le pays.

Le journaliste de l'AFP dans la partie rebelle de la deuxième ville de Syrie a compté « au moins 100 » explosions de minuit jusqu'à 5 h du matin.

Les combats ont repris en Syrie après une trêve d'une semaine. Les forces syriennes et russes ont mené d'intenses frappes aériennes dans des secteurs contrôlés par les rebelles dans la province d'Alep.

Ce raid contre un centre médical survient au lendemain du bombardement d'un convoi d'aide humanitaire également dans la province d'Alep. Les aviations russes et syriennes ont été désignées comme de possibles auteurs de l'attaque puisque leurs avions contrôlent l'espace aérien de la région.

La diplomatie russe a démenti être à l'origine du bombardement, mettant également hors de cause son allié syrien, alors que les Américains accusent Russes et Syriens d'être à l'origine de l'attaque. Les Russes soutiennent qu'un incendie a provoqué la destruction des camions et de l'entrepôt d'aide humanitaire.

De son côté, Washington avance que la Russie comptait deux avions Soukhoï SU-24 dans le secteur au moment du bombardement. Ces renseignements des services américains les ont amenés à conclure à une responsabilité russe, ont-ils indiqué à Reuters.

Le Conseil de sécurité de l'ONU débattra mercredi de l'échec de ce cessez-le-feu.

L'Organisation mondiale de la santé estime que la Syrie est le pays le plus dangereux de la planète pour le personnel soignant. Le pays a enregistré 135 attaques contre des centres médicaux en 2015.

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