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Cinquième anniversaire de l’attentat du Métropolis

Il y a aujourd'hui cinq ans, la chef du Parti québécois Pauline Marois prenait la parole devant ses militants, au Métropolis de Montréal, pour célébrer son élection à titre de première ministre du Québec – elle était la toute première femme à se voir confier cette fonction. Mais soudainement, la joie a cédé la place à la confusion et la panique : un attentat politique était en cours.

Des gardes du corps de la Sûreté du Québec (SQ) ont très vite escorté Pauline Marois hors de scène, devant une assistance médusée.

Un homme, qui allait rapidement être identifié comme étant Richard Henry Bain, venait de faire feu sur deux techniciens de scène. L’un d’eux, Denis Blanchette, est mort. Le second, Dave Courage, a été grièvement blessé.

Bain a ensuite mis le feu au bâtiment, mais il a été appréhendé par les policiers de la Sûreté du Québec.

Le caméraman de Radio-Canada Martin Bouffard garde un souvenir très vif de cette soirée. Il était à l'extérieur du Métropolis au moment du drame, « une soirée où le chaos était palpable ».

« Il y a eu une déflagration à l’arrière, a-t-il relaté lundi. J’ai vu deux ou trois policiers courir vers l’arrière. Alors, tout de suite, avec ma caméra, je les ai suivis pour m’apercevoir qu’il y avait un immense feu à l’arrière du Métropolis. »

Martin Bouffard a ensuite pu enregistrer des images de l'arrestation du suspect cagoulé.

M. Bouffard a souligné que si l'homme n'avait pas été neutralisé et que son arme ne s'était pas enrayée, il aurait pu faire des « ravages ».

« Les Anglais se réveillent, les Anglais se réveillent! » scandait-il.

Un attentat antisouverainiste

« Je crois que c'est un attentat », avait déclaré Mme Marois en entrevue à Tout le monde en parle en décembre 2012.

Le verdict de Bain est tombé le 23 août 2016, après 11 jours de délibérations du jury composé de huit femmes et six hommes. Il a été reconnu coupable de meurtre non prémédité du technicien de scène Denis Blanchette, mais aussi de trois tentatives de meurtre, notamment sur Dave Courage et sur le policier Stéphane Champagne de la Sûreté du Québec.

« Justice a été rendue. Ç'a été long, mais nécessaire pour se rendre à la vérité », avait affirmé Dave Courage en entrevue à Radio-Canada le lendemain.

Richard Henry Bain a été condamné à l'emprisonnement à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 20 ans.

Avant son procès, Bain, qui avait déclaré devant la cour qu’il avait été envoyé en mission par Jésus pour débarrasser le Québec du « problème séparatiste », avait subi une évaluation psychiatrique. Il avait finalement été déclaré apte à subir son procès.

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