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Climat : le bras droit de Ban Ki-moon se réjouit de l'arrivée de Justin Trudeau

À quarante jours de la conférence de Paris sur le climat, le secrétaire général adjoint des Nations unies pour le climat, Janos Pasztor, accueille avec enthousiasme l'élection de Justin Trudeau. Il se réjouit que le nouveau premier ministre désigné fasse de la question climatique une priorité.

Un texte de Étienne Leblanc, reporter spécialisé en environnement

Le Hongrois Janos Pasztor est le bras droit du secrétaire général des Nations unies sur la question climatique. Ban Ki-moon l'a nommé à ce poste en janvier dernier afin d'assurer le succès de la conférence de Paris sur le climat, qui aura lieu du 30 novembre au 11 décembre prochain. Nous l'avons contacté à Rome.

1. Pensez-vous que l'arrivée de Justin Trudeau pourrait changer l'attitude du Canada à la conférence de Paris ?

Sans vouloir me prononcer sur tous les aspects qui feront que ce nouveau gouvernement sera différent de l'ancien, je pense qu'il est important de parler du climat.

La question de l'énergie et du climat semble avoir pris une certaine importance dans la campagne électorale au Canada, et M. Trudeau a dit qu'il sera beaucoup plus proactif en matière de changements climatiques, qu'il souhaite mettre en place des cibles plus ambitieuses et qu'il y aura des fonds pour mettre en place ces politiques. Ce discours est très différent de celui porté par le gouvernement précédent, et c'est très positif.

2. Quelle était la relation que vous aviez avec le gouvernement de Stephen Harper sur la question du climat?

Nous avions une bonne relation avec le gouvernement Harper. Ce n'est pas le problème. Mais sa façon d'aborder la question des changements climatiques était différente. Comme vous le savez, il s'est retiré du protocole de Kyoto, et ça a été une étape importante.

Sous Harper, le Canada a tout de même continué à participer au processus de négociations. Il a établi un plan national de réduction des émissions et l'a soumis aux Nations unies. Il a été un partenaire constructif. Mais Justin Trudeau démontre qu'il souhaite être plus proactif pour lutter contre les changements climatiques. On verra quelle est la différence!

3. La cible fixée par le gouvernement Harper est une réduction des émissions de GES de 30 % d'ici 2030, par rapport au niveau de 2005. Trouvez-vous que c'est une cible assez ambitieuse?

Nous voyons les choses de la façon suivante : sur la question de la réduction des émissions, tous les pays doivent en faire plus. Collectivement, avec les nouvelles cibles soumises par 160 pays au cours de l'année, nous nous dirigeons vers un réchauffement de 3 degrés Celsius. C'est mieux que le scénario où personne ne fait rien, ce qui nous mènerait vers un réchauffement de 4,5 degrés Celsius. C'est très bon, mais nous savons tous que ce n'est pas assez.

C'est pourquoi tous les pays doivent faire mieux. Ce n'est pas notre rôle de commencer à comparer les pays entre eux. Les négociations en cours suivent un processus différent de celui du passé [le protocole de Kyoto]. Cette fois-ci, il n'y a pas de cible commune qui guide tout le monde. Chaque pays soumet une cible nationale en fonction de ce qu'il pense pouvoir atteindre.

4. Quelles sont vos attentes quant à la présence du Canada à Paris?

Le Canada peut être un leader très important. C'est un pays qui dépend beaucoup des énergies fossiles, comme de nombreux pays dans le monde. C'est plus difficile pour ces pays qui ont des ressources de pétrole et de gaz de prendre le chemin de la « décarbonisation ». Si le Canada peut montrer la voie, ce serait vraiment bienvenu à Paris.

5. Le fait qu'il fasse partie du G7 lui confère-t-il un rôle plus important?

En effet, le Canada fait partie du G7, le groupe des pays les plus puissants. Ces pays sont responsables d'une grande partie des émissions de gaz à effet de serre. Et plus important encore, ce sont eux qui ont les technologies et l'argent pour trouver la solution. Ils peuvent donc montrer la voie à suivre.

Si le Canada, en tant que grand pays producteur d'énergies fossiles, peut montrer comment on peut transformer les économies pour les mener à un plus faible degré de carbone, ça va donner l'exemple aux autres pays qui sont aussi dépendants des énergies fossiles.

Avec la collaboration de Melissa Kent, correspondante de CBC à New York

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