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Coderre attaqué pour des contrats octroyés à son ancien avocat

Me Raphaël Lescop et sa firme d'avocats, Irving Mitchell Kalichman, ont reçu sept contrats d'une valeur de 345 000 $ (avant taxes), et ce, sans appel d'offres, depuis l'arrivée au pouvoir de Denis Coderre, soutient le chef de l'opposition officielle, Luc Ferrandez.

Avec les informations de Benoît Chapdelaine et de François Cormier

Or, Me Raphaël Lescop était un donateur et un solliciteur de dons pour le parti de Denis Coderre. Mais il a aussi été son avocat entre 2005 et 2010, dans une cause contre le joueur de hockey Shane Doan, pour des commentaires reliés aux arbitres francophones de la Ligue nationale de hockey,

Projet Montréal affirme que cette firme d'avocats n'avait jamais reçu de contrats de la Ville avant l'arrivée au pouvoir de Denis Coderre en 2013, ce que dément l'administration Coderre.

De plus, le parti d'opposition estime que rien ne justifie le fait d'octroyer ces contrats à cette firme.

« C'est une drôle de coïncidence, affirme Alex Norris, conseiller municipal du district Jeanne-Mance et membre du parti Projet Montréal, une firme d'avocat et un avocat qui n'avaient aucune histoire avec la Ville de Montréal, qui n'avait jamais agi pour la Ville de Montréal, soudainement, à la suite de l'élection de son client, Denis Coderre, il [Raphaël Lescop] se fait octroyer presque 400 000 $ en contrats dans l'espace de quatre mois. »

La Ville affirme que la firme a été choisie par son service juridique

La Ville de Montréal a répliqué aux allégations de l'opposition en affirmant que les contrats ont été octroyés à Irving Mitchell Kalichman par son service des affaires juridiques et qu'il n'y a pas eu d'intervention du cabinet du maire Coderre.

Le responsable des infrastructures au comité exécutif de la Ville de Montréal, Lionel Perez, affirme que le mandat  a été donné à la firme en raison de l'expertise de Me Lescop dans les litiges commerciaux et en droit municipal.

De son côté, le maire de Montréal a qualifié de « petite et réductrice » l'intervention faite par M. Ferrandez mardi matin en pleine séance du conseil municipal.

Par la suite, le maire de Montréal s'est levé à quelques reprises durant la séance du conseil municipal pour préciser que M. Lescop n'était pas son avocat personnel.

Pourtant, sur le site Internet de Me Raphaël Lescop, il est bien écrit qu'il a défendu et représenté Denis Coderre durant une période de quatre ans. Mais, à ce moment-là, M. Coderre était député au sein du gouvernement fédéral.

Demande d'enquête au Bureau de l'inspecteur général de la part de Projet Montréal

Rappelons qu'au début du mois de février, l'opposition officielle avait réclamé une enquête du Bureau de l'inspecteur général (BIG) sur quatre contrats octroyés de gré à gré par l'administration de Denis Coderre et, dans certains cas, par le maire de Montréal lui-même « à des proches, des amis intimes, d'anciens donateurs ou d'anciens solliciteurs du parti Équipe Coderre, au cours des deux dernières années ».

Projet Montréal avait alors évoqué une « pratique en apparence inquiétante de l'administration du maire Denis Coderre en matière d'octroi de contrats ».

Le conseiller municipal du district Marie-Victorin de l'arrondissement Rosemont - La Petite-Patrie, Guillaume Lavoie, membre de Projet Montréal, avait alors affirmé que les contrats offerts à Rick Leckner, Richard Phaneuf, Michel Dorais et Robert Bouvier avaient « tous été octroyés sans appel d'offres et sans que les instances de la Ville ne soient consultées puisque chacun de ces contrats représentait une dépense de moins de 25 000 $ ».

Le chef intérimaire de Projet Montréal et chef de l'opposition officielle à l'Hôtel de Ville, Luc Ferrandez, a ramené les cas de ces quatre personnes lors de l'intervention qu'il a faite mardi : « On peut penser que, dans tous les cas, tous ces solliciteurs-là ont fait leur travail parce qu'ils croyaient en vous. Mais tous ces solliciteurs-là ont aussi reçu des contrats de la Ville de Montréal », a-t-il dit.

« C'est totalement inacceptable », dit Denis Coderre

Le maire Coderre a répliqué que le chef de l'opposition « créait des amalgames et qu'il n'y avait pas d'immunité parlementaire au conseil de ville ».

« De commencer à dire qu'en quelques mois il y a eu des contrats et il y a eu des passes est totalement inacceptable », a dit Denis Coderre.

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