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Coiteux fait fausse route, selon les syndicats

La sortie du président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux, qui se dit prêt à faire des compromis sur le régime de retraite des fonctionnaires, n'aura pas enchanté les syndicats, qui y voient une diversion pour brouiller l'enjeu primordial de la hausse salariale.

Dans une entrevue à Radio-Canada, en pleine période de négociations sur fond de grèves tournantes, M. Coiteux a montré des signes d'impatience, tout en affichant une ouverture à en arriver à une entente sur le régime de retraite des fonctionnaires. Sans céder sur l'essentiel, toutefois.

En effet, le président du Conseil du Trésor ne recule pas sur les mesures controversées annoncées en décembre dernier et qui ont provoqué, depuis, d'importants départs à la retraite. À peine consentira-t-il de retarder leur entrée en vigueur. Ces mesures visent à faire passer l'âge de départ à la retraite de 60 à 62 ans. La rente finale serait calculée sur huit ans au lieu de cinq ans, comme c'est le cas actuellement et la pénalité en cas de retraite anticipée passerait de 4 % à 7,2 %.

Jacques Létourneau, président de la CSN et membre du Front commun syndical, s'étonne que le ministre Coiteux soulève la question du régime de retraite alors que celui-ci, financé à parts égales par les fonctionnaires et le gouvernement, « est en bonne santé ».

Dès lors, M. Létourneau ne se sent pas dans l'obligation de formuler des contre-propositions, comme le souhaite M. Coiteux. « On demande des propositions. Non, je m'excuse, c'est le Conseil du Trésor qui pose la question du régime de retraite. Pour nous, c'est un recul assez significatif pour nos membres. Donc, ce n'est pas aux syndicats de contre-proposer, c'est au gouvernement de nous dire comment il voit la chose à partir du moment où il parle d'ouverture », fait remarquer le président de la CSN.

Ne pas escamoter la question des salaires

Il note qu'il faut recentrer le débat sur la question salariale, car « 3 % d'augmentation sur 5 ans, c'est un recul important et significatif. Les deux premières années de gel ne permettent même pas aux travailleuses et aux travailleurs de maintenir leur pouvoir d'achat ».

M. Létourneau rappelle que son syndicat a mis en garde le gouvernement contre un départ massif à la retraire d'employés de l'État advenant le maintien des changements annoncés. « Quand vous êtes en demande en négociation et vous réalisez que votre proposition va provoquer un tel état de choc - que les gens vont quitter plus vite que prévu -, mais c'est à vous à l'aplanir. »

Le leader syndicaliste constate que le ministre Coiteux « fait un peu de politique » et l'invite à faire ses propositions sur la table des négociations et non pas sur la place publique.

Quoi qu'il en soit, il estime, tout comme le ministre, qu'il est possible de parvenir à une entente avant le temps de Fêtes, « mais il y a un certain nombre de fondamentaux auxquels il faut absolument répondre. Et la question des salaires, pour nous, est assez importante ».

Coiteux joue au pompier après avoir allumé des feux

Régine Laurent, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), abonde dans le même sens. Elle décrit un M. Coiteux qui « se transforme en pompier, parce qu'il faut qu'il éteigne les feux qu'il a allumés il y a plusieurs mois déjà ».

« On l'avait averti que de lancer ça [la réforme du régime de retraite], c'est de provoquer beaucoup de départs à la retraite et nous, dans le secteur de la santé, on ne peut pas se permettre de perdre du monde », signale Mme Laurent, qui chiffre à 25 % la hausse de départs à la retraite dans le réseau de la santé depuis que Québec a fait part de ses intentions.

La présidente de la FIQ est d'autant plus désolée de constater cette saignée dans le milieu de la santé qu'il s'agit d'un régime financé à 50 % par les employés, qui ont dû augmenter leurs cotisations pour en assurer la pérennité.

Croit-elle à un dénouement avant la fin de l'année? Régine Laurent dit que « s'il y a une volonté politique réelle, c'est tout à fait réaliste de le faire », ajoutant que les vraies avancées se font autour de la table des négociations.

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