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Colisée de Trois-Rivières : l’étude d’un scénario moins coûteux cachée aux conseillers municipaux

EXCLUSIF - Les élus municipaux trifluviens n'auraient pas été informés de l'existence de deux évaluations financières pour l'agrandissement de l'actuel Colisée du parc de l'exposition. La majorité des conseillers déplorent avoir donné leur aval au projet de construction d'un nouveau Colisée de 56 millions de dollars sans avoir eu l'ensemble de la documentation.

Un texte de Maude Montembeault

À l’approche des appels d’offres en vue d’octroyer le plus important contrat de la Ville de Trois-Rivières, deux scénarios d’agrandissement du Colisée de Trois-Rivières, construit en 1938, n’auraient pas été présentés aux élus municipaux.

Radio-Canada a contacté les 16 conseillers municipaux. Un seul n'a pas rappelé. Tous les autres ont affirmé ne pas être au courant des évaluations financières effectuées par une firme d’architectes. Plusieurs d’entre eux ajoutent que la réflexion aurait été différente avec ces informations et qu’on leur a caché des éléments pertinents au débat sur le projet. Ils regrettent d’apprendre à ce moment-ci qu’une option presque quatre fois plus abordable aurait peut-être répondu aux besoins de la population.

Deux estimations budgétaires ont été effectuées en 2015 par la firme d’architectes Michel Pellerin. La première évaluation, transmise à un fonctionnaire de la Ville le 19 juin 2015, conclut que l’agrandissement coûterait plus de 14 millions de dollars.

Voici la première estimation de la firme d’architectes Michel Pellerin :

Rappelons que le conseil municipal a adopté, en avril dernier, un règlement d’emprunt de 53,1 millions, soit le plus important de l’histoire de la Ville. Le projet est subventionné à 50 % par Québec.

Le 19 octobre 2015, avant la séance du conseil municipal, le maire Yves Lévesque a déclaré que la Ville construira seule le Colisée au District 55, écartant ainsi les partenariats avec l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) ou la Commission scolaire du Chemin-du-Roy.

Moins de 24 heures après cette déclaration du maire, Michel Pellerin a transmis au fonctionnaire de la direction des travaux publics une deuxième estimation chiffrée à 32,5 millions de dollars. L’en-tête précise que le nombre de sièges a été augmenté à 5000 places.

Voyez la deuxième estimation de la firme d’architectes Michel Pellerin :

« On nous a caché de l’information »

De nombreux conseillers municipaux croient que le maire n'a présenté que certaines données dans le but de promouvoir son rêve d'un Colisée et d'une équipe de hockey junior majeur.

La question des 5000 sièges aurait d’ailleurs été le principal point de discorde autour de la table du conseil. Plusieurs prétendent que les Trifluviens ont besoin de glace pour pratiquer leurs sports et non de places supplémentaires dans les gradins.

Ce qu'en pensent les conseillers

Un appel à voter contre l’octroi du contrat

Le lancement des appels d’offres est prévu le 14 septembre. Les élus pourraient être appelés à voter en vue de l’octroi du contrat dès le début octobre. Le maire, Yves Lévesque, n’a pas caché vouloir franchir cette étape avant le début de la campagne électorale.

Le candidat à la mairie et actuel conseiller du district Marie-de-l’Incarnation, Jean-François Aubin, lance un appel à ses confrères conseillers à voter contre l’octroi du projet tant et aussi longtemps que toute l’information sur le projet ne sera dévoilée.

« Pourquoi deux études? Qu’est-ce qu’il y a derrière chaque évaluation? On ne pourra pas voter le contrat tant qu’on n’aura pas fait la lumière et répondu à toutes nos questions. »

Le maire refuse de répondre aux questions

Le maire aurait réussi à convaincre les membres du conseil en répétant que le montant défrayé par la Ville est moins important en optant pour un Colisée neuf puisqu’il est subventionné à 50 % par Québec. Ainsi, pour un Colisée neuf de 5000 sièges, la Ville paie plus de 26 millions de dollars tandis que le scénario de 5000 sièges au Colisée du parc de l’exposition coûterait 32,5 millions.

Yves Lévesque a refusé de répondre à nos questions. Impossible d’avoir plus de détails sur les deux scénarios, de savoir qui a demandé aux fonctionnaires de commander cette étude et pourquoi les détails n’ont jamais été transmis au conseil municipal.

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