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Comment dépenser moins de 15 $ par mois en nourriture

Richard Lawrence Baschak s'est donné le défi de dépenser le moins possible. Grâce à un mélange de jardinage, de déchétarisme et de troc, l'enseignant à la retraite réussit à se nourrir pour environ 15 $ par mois.

Un texte de Marie-Lise Mormina

Pour Richard Lawrence Baschak, toute occasion est bonne pour diminuer le gaspillage et produire intelligemment. Si l'économie d'argent est un bel avantage de son mode de vie, ce sont la justice sociale et la protection de l'environnement qui le motivent.

Son secret pour dépenser aussi peu ? La coopération, l’adaptation et l’organisation.

Jardiner à l’extérieur comme à l'intérieur

Richard récolte la majorité de ce qu’il mange, été comme hiver.

Pour maximiser l’espace de son jardin extérieur, il fait pousser des plantes à la verticale. Selon lui, le secret ne réside pas dans le temps investi en jardinage, mais plutôt dans la connaissance et dans l’organisation.

À l’intérieur, il faut adapter son potager. Le manque de luminosité restreint les cultures, mais rien n’est impossible selon Richard Lawrence Baschak. Puisque celui-ci cultive surtout de la laitue et des petites pousses, aucune lampe chauffante ni aucun pesticide ne sont requis. Il suffit d'avoir du terreau, de l'eau et un accès à de la lumière naturelle.

Ce jardinier conseille ainsi de profiter de l’abondance des récoltes de l’été et de l’automne pour entreposer et congeler les fruits et légumes.

Le déchétarisme, plus communément appelé « dumpster diving »

Plusieurs produits comme le pain ne sont pas accessibles par le jardinage. Pour compléter son alimentation et réduire le gaspillage, Richard Lawrence Baschak pratique le déchétarisme. Il fouille dans des conteneurs à déchets dans le but de récupérer ce qui pourrait encore être consommé.

Richard Lawrence Baschak a développé des liens avec les propriétaires de certaines épiceries et sait à quelle heure ils mettent la nourriture aux poubelles. Il peut ainsi s'approvisionner en fruits et légumes, ainsi qu'en viande, sans que celle-ci soit avariée.

Il est toujours surpris par la quantité de nourriture gaspillée.

Les règlements municipaux à Winnipeg interdisent de fouiller dans des poubelles autres que les siennes sans le consentement du propriétaire. Richard Lawrence Baschak, tout comme plusieurs personnes pratiquant le déchétarisme, prend tout de même le risque. « Si cela peut engendrer une discussion sur les déchets alimentaires, alors je suis un criminel », lance-t-il.

La culture du partage

Avant l'âge de la retraite, Richard Lawrence Baschak était un enseignant au secondaire. À présent il fait du bénévolat à plusieurs endroits, dont la soupe populaire Oak Table à Winnipeg. Il est témoin de la dure réalité de la malnutrition et de la sous-alimentation.

C'est pour cela qu'après chaque cueillette ou séance de déchétarisme, il distribue à son entourage la nourriture dont il n’a pas besoin. Parfois, il échange des semences et des cultures avec d'autres, afin de diversifier son alimentation. Quelques-uns de ces amis procèdent aussi ainsi. En coopérant, ils réussissent à diversifier leur alimentation et à diminuer le gaspillage.

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