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Comment détecter les signes de l'usure du pouvoir?

Qu'est-ce qui indique qu'un gouvernement arrive à sa fin? Des pistes d'analyse avec le gestionnaire Paul Tellier, qui a bien connu les coulisses du pouvoir.

Un texte de Ginette Lamarche à Désautels le dimanche

Dans l'histoire récente du Canada, aucun gouvernement n'a obtenu un quatrième mandat d'affilée des électeurs. Les administrations Trudeau, Mulroney et Chrétien étaient pourtant arrivées au pouvoir avec de fortes majorités.

1. Pierre Elliott Trudeau, aimé comme une vedette de rock

En 1968, lorsque Pierre Elliott Trudeau est élu premier ministre, il galvanise les foules. Le politicien hors norme est accueilli dans les rassemblements politiques comme une vedette de rock. Sa superbe, son style décontracté et son arrogance, qui plaisent tant au début, finiront par irriter les électeurs.

Le rapatriement de la Constitution sans l'accord du Québec, le déficit qui atteint des sommets et un taux de chômage élevé plomberont le dernier mandat de Trudeau. L'essoufflement de la dernière administration Trudeau entre 1980 et 1984 est palpable.

Le grand commis de l'État Paul Tellier a bien connu les coulisses du pouvoir des ères Trudeau, Mulroney et Chrétien. Selon lui, l'usure se manifeste d'abord par l'arrogance et l'essoufflement du discours.

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2. Brian Mulroney et le désir de changement

En 1984, le désir de changement est tel que les conservateurs remportent la plus grosse majorité parlementaire dans l'histoire du Canada.

Deux politiques mineront toutefois les deux mandats de Brian Mulroney : l'entente de libre-échange Canada-États-Unis et l'introduction de la taxe de vente sur les produits et services.

L'échec de l'accord du lac Meech et de l'entente de Charlottetown sonnera le glas de la dernière administration Mulroney. En 1993, le Parti progressiste-conservateur subit la pire défaite de l'histoire du Canada. 

En huit ans de pouvoir, les conservateurs sont passés de la plus forte majorité au Parlement à la plus faible présence. Ils ne conservent que deux sièges à la Chambre des communes, perdant ainsi le statut de parti reconnu. Kim Campbell, qui a succédé à Brian Mulroney, n'a pas réussi à relancer le parti.

3. Jean Chrétien et la TPS

Les libéraux reviennent au pouvoir avec une forte majorité. Jean Chrétien gagne cette campagne haut la main en promettant d'éliminer la taxe sur les produits et services. Il n'en fera rien.

Selon Paul Tellier, ça fait partie des promesses brisées qui minent la crédibilité des politiciens. Écoutez-le en parler dans l'extrait ci-dessous.

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Cette perte de confiance a été bien ressentie durant le dernier mandat de Jean Chrétien, suivi de celui de Paul Martin entre 2003 et 2006.

Les compressions dans le programme d'assurance-emploi et dans les transferts aux provinces passent mal auprès des électeurs. Et de nombreux Canadiens sont outrés que le gouvernement se serve de la caisse de l'assurance-emploi pour réduire le déficit.

Il faut ajouter à cela le scandale des commandites. Une partie du budget de ce programme, créé au lendemain du référendum de 1995 pour valoriser le Canada au Québec, s'est retrouvé dans les poches de quelques agences de publicité.

En 2006, le Parti libéral subit la pire défaite de son histoire. Après 13 ans de pouvoir, tous les signes de l'usure se sont révélés : l'arrogance, la perte de crédibilité et le non-renouvellement des troupes.

Des manifestations d'usure qui guettent peut-être aussi l'administration Harper, selon Paul Tellier. Écoutez-le en parler dans l'extrait ci-dessous.

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Si l'usure du pouvoir permet l'alternance démocratique, les gouvernements issus de faibles appuis populaires inquiètent au plus haut point Paul Tellier.

Ces 60 % et plus d'électeurs qui ne se sentent pas représentés pourraient expliquer un taux de participation de moins en moins élevé aux urnes.

Et vous? Avez-vous l'impression que le premier ministre Harper pourra réussir là où ses prédécesseurs ont échoué? Faites-nous part de vos commentaires ci-dessous.

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