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Comment la crémation a changé les rites funéraires 

L'adoption de la loi sur les activités funéraires à Québec, il y a plus d'un mois, rappelle à quel point les rites funéraires ont changé au Québec au cours des 40 dernières années, en partie à cause de la crémation par le feu, de plus en plus populaire chez les Québécois.

Un texte de Louis-Philippe Ouimet

Durant les années 1970, la vaste majorité des gens optait pour l'inhumation du corps. Aujourd'hui c'est plus de 70 % des Québécois qui choisissent la crémation par le feu.

Les salons funéraires multiplient les efforts pour accompagner les familles dans le deuil avec des rituels adaptés à cette réalité.

« On a un rituel de terre qui est une urne botanique associée à une plantation. On a aussi une urne de glace. C'est un geste où on laisse aller la personne sur l'eau. L'urne est immatérielle et c'est la glace qui fond. Les cendres sont libérées tranquillement dans l'eau », explique Julia Duchastel, vice-présidente au développement chez Alfred Dallaire Memoria.

Un cimetière nouveau genre

À Prévost, dans les Laurentides, près de 300 personnes ont choisi d'enterrer leurs cendres au pied d'un arbre. Pour le vice-président du cimetière Les Sentiers, John Tittel, il s'agit d'une façon différente de communier avec la nature.

« On a presque deux kilomètres de sentiers boisés. Les gens choisissent un arbre au pied duquel on fait l'inhumation des cendres », explique-t-il.

Certaines personnes vont aussi choisir de répandre une partie des cendres dans la rivière du Nord, qui longe ce cimetière.

La crémation et les adieux, parfois rapides

C'est l'Église qui s'occupait auparavant du rituel funéraire, mais les familles et les salons funéraires tendent de plus en plus à prendre la relève.

Le risque est d'occulter le temps pris pour faire son deuil, estime la professeure et anthropologue à l'UQAM, Luce Des Aulniers.

D'autant plus que les choses doivent parfois se faire rapidement, note le vice-président ventes et services chez Magnus Poirier, Patrice Chavegros.

« La plupart de nos funérailles sont le samedi, la fin de semaine parce que les gens n'ont pas besoin de prendre un congé. Ce qui était autrefois sur deux ou trois jours se passe en une journée. Ça aussi, ça se greffe au phénomène de la crémation », mentionne-t-il.

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