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Comment le NPD se repositionne au centre pour contrer son image de parti de gauche

Équilibre budgétaire, Énergie Est, certaines prises de position de Thomas Mulcair déplaisent à des partisans de la gauche. Elles illustrent pourtant le recentrage du Nouveau Parti démocratique pour prendre le pouvoir. Un pari risqué?

Un texte de Marc Godbout

Dans la mi-trentaine, Karla McManus, une Manitobaine installée à Montréal, a toujours voté pour le NPD. Cela s'inscrit dans une longue tradition familiale. Dans les Prairies où elle a grandi, porter ce parti au pouvoir n'est certes pas inhabituel.

Et pourtant. Alors que les chances du NPD de former un gouvernement à Ottawa n'ont jamais été aussi grandes, elle qui s'est toujours identifiée à la gauche n'est pas certaine de se retrouver dans le parti version 2015.

Elle est déçue, tout en reconnaissant que ce mouvement vers le centre n'est pas que l'oeuvre de Thomas Mulcair et qu'il avait déjà été entrepris par son prédécesseur, Jack Layton.

Un mouvement que l'on peut observer dans d'autres partis qui tentent de prendre le pouvoir, selon Danic Parenteau, professeur de sciences politiques au Collège militaire royal de Saint-Jean.

L'équilibre budgétaire, un message ciblé?

La promesse de Thomas Mulcair d'équilibrer le budget agace les militants les plus à gauche. Elle est aussi à l'origine des attaques de Justin Trudeau, qui accuse le chef du NPD de vouloir imposer l'austérité pour éviter un déficit.

Vingt ans après le passage du seul gouvernement néo-démocrate de l'histoire de l'Ontario, les mauvais souvenirs d'un déficit record et d'austérité sont restés. Depuis, le terrain est fragile pour le parti fédéral.

La députée sortante Peggy Nash, candidate dans Parkdale-High Park, en sait quelque chose. Candidate à quatre reprises depuis 2004, elle s'est fait élire deux fois sur quatre.

Et la question énergétique?

Ce mouvement vers le centre n'est pas que l'oeuvre de Thomas Mulcair. En fait, Jack Layton avait lui aussi promis l'équilibre budgétaire en 2008, en pleine crise économique.

Mais c'est aussi lors de cette même campagne électorale que le défunt chef du NPD avait décidé de survoler les sables bitumineux de l'Alberta et promis un moratoire sur tout nouveau projet.

Or, en cette période électorale, l'approche du parti face au projet Énergie Est déçoit Karla McManus. Pour elle, Thomas Mulcair se montre critique à l'égard du projet, mais ne le condamne pas.

En attendant, malgré ses réserves, Karla McManus voit d'un bon oeil la percée du NPD et se dit prête à voter quand même pour le parti. « Oui bien sûr, ça me déçoit, mais si on continue avec les conservateurs, le pire va arriver », estime-t-elle.

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