Les républicains sont confrontés à une drôle de question ces jours-ci : faut-il faire campagne différemment quand l'adversaire (encore pressenti) est une femme? Comme souvent dans cette longue saison des primaires, c'est Donald Trump qui a lancé le bal. Un prélude au ton de la campagne de cet automne?

Yanik Dumont Baron

  Une analyse de Yanik Dumont Baron

« Sa seule carte, c'est sa carte de femme, elle n'a rien d'autre pour elle. » Donald Trump était sans ambiguïté mardi, en célébrant une autre victoire électorale. « Franchement, si Hillary Clinton était un homme, je ne pense pas qu'elle aurait 5 % du vote. » Et, depuis, le meneur dans la course à l'investiture républicaine ne recule pas. Il maintient sa position.

Donald Trump croit qu'Hillary Clinton est en train de remporter l'investiture démocrate simplement parce qu'elle n'est pas un homme. Il ne lui voit aucune compétence, aucune expérience pertinente. « C'est une candidate endommagée », aime-t-il répéter.

Bien sûr, celle qui veut être la première présidente des États-Unis a répliqué. Et avec le sourire aux lèvres. Il n'y a qu'à regarder son fil Twitter; c'est un thème sur lequel elle adore revenir.

Donald Trump ne recule pas parce que ce n'est pas son genre. Et parce qu'il critique souvent les femmes. L'animatrice de Fox News, Megyn Kelly, en avait relevé un bon chapelet l'été dernier : « Vous avez utilisé "grosse truie","chienne", "souillon" et "animal dégoûtant" pour décrire les femmes que vous n'aimiez pas. »

Mais cette critique envers Mme Clinton vise probablement aussi une section de l'électorat républicain. Une partie des électeurs américains, dont plusieurs, préfèrent ignorer l'existence. C'est un peu comme lorsque Donald Trump refuse de prendre ses distances d'un ancien leader du KKK qui l'appuie.

Bien sûr, ce ne sont pas tous les membres du Parti républicain qui sont sexistes (ou racistes). Loin de là. Ted Cruz, le principal rival de Donald Trump, l'a bien compris. À ce chapitre, l'arrivée de Carly Fiorina dans sa campagne (il la voit comme sa colistière) tombe à point.

Elle-même ancienne candidate à l'investiture républicaine, Carly Fiorina est probablement la mieux placée pour critiquer la misogynie de Donald Trump... et pour attaquer Hillary Clinton.

Et elle a déjà commencé. Mercredi, Carly Fiorina lançait que Donald Trump « a un problème avec les femmes ». Elle se dit aussi « insultée » quand Hillary Clinton parle d'enjeux de femmes (comme l'aide à l'enfance, l'égalité économique) : « Nous sommes la majorité au pays; toutes les questions sont des enjeux de femmes. »

Ces attaques font partie d'un dernier blitz pour tenter de freiner le milliardaire, avant qu'il ne remporte l'investiture républicaine. Le dernier champ de bataille de Ted Cruz (avec Carly Fiorina) risque d'être l'Indiana, qui vote la semaine prochaine.

Le duo Cruz-Fiorina présente une autre option aux républicains qui ne veulent pas d'un candidat qui créerait des divisions hommes-femmes dans l'électorat. Mais ce duo est loin d'être assuré de devenir les candidats républicains en novembre.

Donald Trump, lui, a de meilleures chances de le devenir. Et il est bien moins populaire qu'Hillary Clinton auprès des Américaines. Cette question de la « carte féminine » risque de revenir sur le tapis... une carte qui pourrait bien se transformer en atout pour les démocrates.

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