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Comment rentrer 30 députés de plus à la Chambre des communes?

La Chambre des communes se prépare à accueillir 30 élus de plus au lendemain du scrutin, dans une salle des débats qui est déjà bondée. Et ce, alors que tous les députés seront transférés dans une Chambre temporaire en 2018, le temps de rénover l'actuelle.

Un texte de Danielle Beaudoin

Pour caser les nouveaux élus dans la salle des débats de l'édifice du Centre, il a fallu réaménager les deux dernières rangées de chaque côté de la pièce. Le ministère des Travaux publics et la Chambre des communes sont responsables des modifications.

Les pupitres à deux sièges des rangées du fond font place à des pupitres pouvant accommoder de 5 à 7 personnes.

Dans les avant-dernières rangées, des fauteuils à siège relevable, comme au cinéma, ont été installés. D'autres fauteuils ont été ajoutés, ainsi que du câblage pour les communications, la traduction et la radiodiffusion.

Pour consulter cette carte sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Ces aménagements doivent coûter 2,7 millions de dollars, selon le ministère des Travaux publics.

De gros travaux à venir

Ces réaménagements sont minimes comparé aux travaux prévus à compter de 2018. Il faudra carrément fermer pendant une dizaine d'années l'édifice du Centre, qui abrite la Chambre des communes. Parmi les travaux prévus : renforcer les structures, remplacer la toiture, réparer le mortier abîmé et les pierres fissurées, changer les vieilles conduites d'eau et l'infrastructure technologique désuète.

Pendant que l'édifice du Centre sera fermé, les députés siègeront dans la cour de l'édifice de l'Ouest, dans un grand espace recouvert d'un toit en verre, qui filtre la lumière du soleil et les bruits extérieurs.

Qui s'assoit où?

Portrait de la Chambre à sa dissolution. Crédit : Parlement du Canada

Au lendemain d'un scrutin, c'est au président de la Chambre d'attribuer à chaque député un siège et un pupitre. Il le fait de concert avec les whips des partis.

Les élus du parti au pouvoir s'assoient à la droite du président. Le premier ministre et son conseil sont dans les premiers rangs. Quant aux simples députés, ceux qu'on appelle les députés d'arrière-ban, ils obtiennent leur place selon leur ancienneté aux Communes ou au sein de leur caucus. Si les députés du parti au pouvoir sont trop nombreux pour tous s'asseoir à la droite du président, certains d'entre eux iront s'asseoir dans la section à sa gauche.

Les députés de l'opposition se trouvent à la gauche du fauteuil du président. Le chef de l'opposition est assis juste en face du premier ministre, et il est entouré de ses députés. Les autres partis d'opposition occupent les sièges restants.

Les députés de partis non reconnus et les élus indépendants sont habituellement placés à la gauche du président, dans les derniers rangs.

Quand un député change de parti, on dit qu'il traverse la Chambre. Dans les faits, il change effectivement de place, et prend le siège que lui attribue le whip de son nouveau parti.

Accommoder les députés handicapés

Avant la dissolution de la Chambre, on comptait deux élus en fauteuil roulant au Parlement : le député conservateur de Charleswood-St. James-Assiniboia (Manitoba), Steven Fletcher, et la députée indépendante de Montcalm, Manon Perreault.

Photo : Radio-Canada/Michel Aspirot

Pour faciliter la pleine participation des députés handicapés aux délibérations, la Chambre a adopté l'article 1.1 en 2004, à la suite de l'élection de Steven Fletcher, le premier député handicapé à siéger aux Communes. En vertu de cet article, le président de la Chambre peut prendre les mesures nécessaires pour permettre aux élus handicapés d'assumer pleinement leurs fonctions, comme de modifier un pupitre ou de l'enlever. Tout député handicapé peut aussi se faire accompagner d'un assistant sur le parquet.

Lors de son élection en 2011 comme néo-démocrate, Manon Perreault a confié aux médias qu'elle avait de la difficulté à se déplacer sur le tapis moelleux de la Chambre des communes, mais qu'elle n'allait pas demander qu'on change les tapis. La députée paraplégique levait la main lors des votes, au lieu de se mettre debout, comme le font ses collègues. Son pupitre était situé dans la première rangée, en bas, une section habituellement réservée aux députés plus expérimentés. 

Quant à Steven Fletcher, il siégeait au Parlement depuis 2004, et il a déjà occupé les postes de ministre d'État des Transports et de la Réforme démocratique. Le pupitre du député quadriplégique était situé dans la première rangée en bas, tout au bout, aux côtés de ses collègues conservateurs. Il était accompagné d'un assistant. Le député croit que sa présence a « sensibilisé tous les intervenants sur la Colline ». « Les rampes d'accès sont maintenant plus nombreuses et on procède actuellement à la reconstruction de la cité parlementaire, ce qui, je crois, en améliorera encore l'accès. »

Acheter son fauteuil en quittant le Parlement

Photo : Radio-Canada

On peut lire sur le site du Parlement que tous les sièges des députés ont été remplacés depuis 1992. Les fauteuils, comme les pupitres d'ailleurs, sont des reproductions exactes des originaux conçus dans les années 1920 par l'architecte principal de l'édifice du Centre, J. A. Pearson. C'est le département d'ébénisterie du Parlement qui fabrique les fauteuils.

Il est de pratique courante pour les députés d'acheter leur fauteuil en quittant le Parlement. Ainsi, lorsqu'un élu démissionne, qu'il prend sa retraite ou qu'il n'est pas réélu, il peut se procurer un fauteuil de député dans la Chambre au coût de 950 $. Souvent ce sont les bénévoles de la circonscription qui achètent le fauteuil pour le député comme cadeau de remerciement.

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