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Comment se déroule la reconstitution d’un accident routier?

Près de deux semaines après la collision entre l'autocar des Broncos de Humboldt et un camion semi-remorque, des agents de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) sont retournés sur la scène de l'accident entre Tisdale et Nipawin en Saskatchewan afin de reconstituer le fil des événements.

Cet exercice permet, entre autres, de corroborer les déclarations des témoins, explique Pierre Bellemare, expert en reconstitution pour l'équipe Collision expert.

Selon M. Bellemare, la première étape d’une reconstitution est d’identifier la zone d’impact. De là, les enquêteurs peuvent recueillir des informations sur tous les éléments qui ont pu jouer un rôle avant l'impact, soit les causes probables de la collision.

« On regarde les éléments pré-impacts, on regarde les éléments post-impacts », poursuit M. Bellemare, précisant qu’il faut particulièrement s’intéresser à la position des véhicules.

« Leur position post-impact dépend nécessairement de leur vitesse et de leur masse. Si vous avez un camion-remorque qui frappe une automobile, on comprend toute de suite que c’est le camion qui va déplacer l’automobile, et non pas le contraire », dit-il.

Selon l’expert en reconstitution anciennement de la Sûreté du Québec, « si on peut découvrir les éléments sur une scène de collision et les interpréter correctement, ils deviennent alors presque irréfutables, parce qu’on peut les voir, les identifier, les mesurer et les photographier. »

Ces preuves peuvent aussi être utilisées par les enquêteurs pour corroborer les témoignages recueillis et ainsi obtenir un meilleur portrait des événements.

Le cas de Humboldt

Pierre Bellemare explique que dans le cas précis de la collision entre l’autocar des Broncos de Humboldt et le camion semi-remorque, les autorités ont vraisemblablement recueilli toutes les preuves nécessaires dans les heures qui ont suivi l’accident.

Ils ont par la suite rouvert l’intersection à la circulation, le temps d’analyser les éléments recueillis. Une fois cette étape terminée, indique M. Bellemare, les policiers sont retournés sur la scène de la collision afin d’illustrer leurs hypothèses en recréant la scène de l’accident à l’aide d’un camion semi-remorque et d’un autocar.

« Ce qui est complexe en soi c’est de découvrir les traces et de les interpréter correctement. Par exemple, dans une intersection, il y a plusieurs traces et il faut les associer au bon véhicule », raconte Pierre Bellemare.

Jeudi, lors d’une première mise à jour de l’enquête sur la collision, la GRC a indiqué que plus de 5500 photographies de la scène de l’accident ont été prises.

Les autorités ont également souligné que l’enquête pourrait prendre des semaines, voire des mois.

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