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Commission de vérité et réconciliation, un an après

Un an après le dépôt du rapport de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, plusieurs pensent que la route vers la réconciliation est longue et qu'il est trop tôt pour dresser un bilan des changements.

« Au Canada, on voit que quelques efforts ont été mis de l'avant par le gouvernement fédéral, ce qui augure bien », estime Nathalie Kermoal, professeure à la Faculté des études autochtones de l'Université de l'Alberta.

Nathalie Kermoal cite en exemple la commission d'enquête nationale sur les femmes autochtones disparues ou assassinées, mise en place par le gouvernement Trudeau après son élection. Selon elle, des actions ont aussi été menées à Edmonton par la municipalité qui souhaite donner une voix aux autochtones.

Trop tôt pour les bilans

« Cela ne va pas se faire du jour au lendemain », tempère la professeure. Elle estime toutefois que les universités participent à l'effort, comme l'Université de l'Alberta, qui a engagé plus d'Autochtones au cours des dernières années et développe des cours sur l'histoire de ces peuples oubliés. « Pour voir le fruit de ce travail, il va sans doute falloir plusieurs générations », ajoute-t-elle.

D'après Nathalie Kermoal, il reste néanmoins important de ne pas s'en tenir aux discussions, et que les politiques continuent de mettre en place des actions concrètes. « Il va falloir attendre cinq ans pour commencer à faire un bilan, et sans doute une dizaine d'années pour dire véritablement si ce rapport a eu un impact dans la société canadienne en général », explique-t-elle.

Elle en conclut que la réconciliation doit avant tout venir des Canadiens, qui doivent prendre conscience de l'histoire des peuples autochtones.

Encore du travail à accomplir

Pour Terry Lusty, un photojournaliste métis ayant vécu dans un pensionnat autochtone à Winnipeg pendant huit ans, les Canadiens ne sont pas assez informés sur les sévices qu'ont subis les Autochtones durant l'époque des pensionnats.

Lui-même photojournaliste, il estime que l'art et les images sont une bonne manière de faire connaître le drame et de ne jamais l'oublier. « Ce que j'aime du processus de réconciliation en ce moment, c'est qu'il est créatif et il inclut des personnes de toutes les communautés et de tous les âges, qui ont comme point commun d'habiter au Canada », dit-il.

Terry Lusty croit qu'il est impossible d'oublier, mais possible de pardonner à ceux qui sont dans le tort. « Tous les Canadiens doivent comprendre et reconnaître ce que nous avons subi en tant qu'enfants », ajoute-t-il.

La Ville d'Edmonton organise une douzaine d'événements tout au long de la semaine pour souligner l'anniversaire du dépôt du rapport de la Commission de vérité et réconciliation.

Avec les informations de Héloïse Rodriguez.

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