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Complot contre Via Rail : nouvel esclandre d'Esseghaier

La non-responsabilité criminelle de Chiheb Esseghaier a été mentionnée pour la première fois mardi lors des audiences sur la détermination de la peine du Montréalais et de son complice, le Torontois Raed Jaser. Les deux hommes ont été reconnus coupables en mars d'avoir voulu faire dérailler un train de Via Rail en Ontario en 2012.

Un texte de Jean-Philippe Nadeau

La psychiatre qui a examiné le terroriste en détention affirme qu'il est schizophrène, ce qui n'a pas manqué de le faire réagir. Chiheb Esseghaier s'est couché dans le box des accusés « pour ne pas voir la Dre Lisa Ramshaw » et entendre ses propos qu'il a qualifiés de mensongers.

Le magistrat Michael Code lui a poliment ordonné de s'asseoir, parce qu'il perturbait les audiences. Dans un nouvel esclandre, le terroriste de 31 ans lui a dit de se taire et de l'écouter parce que la psychiatre ne connaît rien selon lui au Coran. Il était agité et levait les bras en l'air pour montrer qu'il était « bien vivant », même s'il s'était assoupi. Sa rhétorique religieuse imagée est ensuite devenue incohérente.

Après dix minutes, le Montréalais a vite été éconduit, menotté et amené dans une cellule au sous-sol du tribunal. Les audiences ont repris une heure plus tard en son absence, mais dans un autre prétoire pour que le terroriste puisse suivre les procédures par téléconférence dans une salle adjacente.

Une schizophrénie symptomatique

En reprenant son témoignage, la psychiatre a soutenu que Chiheb Esseghaier était complètement déconnecté de la réalité et que son esclandre était la preuve de sa psychose.

La Dre Ramshaw ajoute qu'il a commencé à manifester des symptômes à partir de 2009, soit un an après son arrivée au Canada : « Il m'a dit qu'il avait changé ses habitudes de vie et son apparence en se faisant pousser la barbe. » La Dre Ranshaw cite quelques faits troublants sur sa personnalité.

Chiheb Esseghaier ne croit pas par exemple que d'autres puissent partager sa date d'anniversaire, parce qu'il a été choisi par Allah pour avertir l'humanité qu'elle brûlera en enfer si elle ne suit pas les préceptes du Coran. Il sait quand il va mourir, parce qu'Allah va venir chercher son esprit à 33 ans comme le prophète Jésus. Il ne s'imagine pas enfin qu'il est en prison, mais dans un décor de cinéma, et que les autres détenus sont des figurants.

La non-responsabilité criminelle

L'amie de la cour qui a été assignée d'office à la défense du Tunisien, Ingrid Grant, se demande par ailleurs si la prise de médicaments aiderait à soigner sa condition mentale. La médecin explique qu'il pourrait retrouver un sens de la réalité s'il prenait des antipsychotiques : « Des médicaments appropriés lui permettraient de perdre ses idées religieuses radicales et de retrouver une foi modérée. »

C'est le juge qui a ordonné l'évaluation psychiatrique d'Esseghaier et la Couronne s'est vite opposée à la question de Me Grant, qui voulait savoir s'il était criminellement responsable de ses actes. « Il me faudrait l'examiner davantage, mais en milieu hospitalier cette fois, a conclu la psychiatre, il refuse toutefois tout traitement médical. »

Le magistrat a alors évoqué l'idée de solliciter l'avis de la Commission ontarienne du consentement et de la capacité devant les objections de la Couronne. Les procureurs doivent contre-interroger la psychiatre mercredi matin. La disponibilité de la médecin a chamboulé l'horaire des témoins à la barre de ces audiences, si bien que le psychologue que la Couronne avait sollicité pour le cas de Raed Jaser n'a pas témoigné comme prévu aujourd'hui.

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