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Complot contre Via Rail : prison à vie pour Jaser et Esseghaier

À Toronto, les deux terroristes qui voulaient faire dérailler un train de passagers en 2012 sont condamnés à la prison à vie en Cour supérieure.

Le Montréalais Chiheb Esseghaier et son complice torontois Raed Jaser avaient déjà été reconnus coupables en mars dernier d'avoir conspiré pour le compte d'Al-Qaïda afin de faire dérailler un train de VIA Rail en 2012.

Dans sa décision, le juge a notamment expliqué qu'il n'y avait aucune possibilité que les deux hommes puissent être réintégrés dans la société en raison du danger qu'ils représentent.

En tenant compte des peines consécutives, la Couronne réclamait 30 ans fermes contre le Montréalais et 25 ans fermes contre le Torontois.

La défense de Jaser ne demandait que 5 ans et demi à cause du temps que son client a passé en détention préventive et en confinement solitaire.

Pas de soins psychiatriques pour Esseghaier

Par ailleurs, Chiheb Esseghaier ne recevra pas de soins psychiatriques dans un établissement spécialisé pour traiter sa schizophrénie présumée avant d'être transféré dans un pénitencier.

Le juge Michael Code n'est pas convaincu que Chiheb Esseghaier est schizophrène, comme l'ont soutenu deux psychiatres, même s'il a été affecté par des moments de délire durant son audience sur la détermination de la peine.

Le magistrat explique l'état mental du Montréalais par le fait qu'il est un homme excessivement pieux qui a été isolé durant deux ans en prison et qui s'en est remis à sa foi pour son salut.

Il précise qu'Esseghaier n'était pas malade au moment où il a comploté l'attentat contre VIA Rail.

La Couronne satisfaite

La Couronne est donc satisfaite, elle qui demandait la prison à vie pour les deux hommes, quitte à traiter l'état mental d'Esseghaier dans un pénitencier.

La défense de Jaser demandait de son côté une peine de cinq ans et demi, parce qu'elle invoquait notamment la toxicomanie de son client, qui ne s'était investi dans ce complot que dans le but d'escroquer le groupe Al-Qaïda afin de payer sa dépendance à l'alcool et aux drogues.

Le juge a rejeté cet argument en disant que les conclusions du psychologue qui l'a examiné en détention étaient davantage basées sur des opinions personnelles que sur des faits cliniques.

Le magistrat a par ailleurs rejeté l'argument selon lequel Jaser a été piégé par une taupe du FBI qui s'était associée avec les deux accusés, parce que les deux hommes étaient déjà prédisposés à commettre un attentat au Canada avant de rencontrer l'agent Al-Nouri.

« La jurisprudence canadienne et internationale ne soutient pas un tel argument pour atténuer la peine des accusés », conclut le magistrat.

D'après les renseignements fournis par Jean-Philippe Nadeau

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