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Complot terroriste : Esseghaier est schizophrène, selon un 2e psychiatre

L'un des deux terroristes reconnus coupables d'avoir tenté de faire dérailler un train de passagers de VIA Rail en Ontario en 2012 est bel et bien schizophrène, mais apte à recevoir sa peine, selon un deuxième rapport psychiatrique, présenté en cour aujourd'hui.

C'est le témoignage qu'a livré le psychiatre Philip Klassen, lors de la reprise des audiences sur la détermination de la peine de Chiheb Esseghaier et de son coaccusé, Raed Jaser, à Toronto.

Le Dr Klassen se fonde sur les renseignements qu'il a obtenus à son sujet, comme les transcriptions du procès, le rapport de la première psychiatre et les informations issues des entretiens entre Esseghaier et ses gardiens de prison, parce que ce dernier lui a refusé l'accès à sa cellule cet été.

Selon le psychiatre, Esseghaier est bel et bien atteint d'un désordre psychotique proche de la schizophrénie. Il cite en exemple les symptômes qu'il a manifestés au cours des derniers mois : hallucinations sensorielles, délire et état catatonique. Il affirme aussi que ses gardiens lui ont rapporté que le Montréalais d'origine tunisienne se couchait souvent sur la table qui se trouve dans sa cellule et que ses rituels d'ablution étaient excessivement longs.

Toutefois, contrairement à la conclusion du premier rapport psychiatrique, le Dr Klassen pense que le Montréalais d'origine tunisienne comprend les procédures contre lui et est apte à recevoir sa peine.

Esseghaier et le Torontois Raed Jaser ont été reconnus coupables en mars d'avoir comploté contre un train de VIA. Le déraillement qu'ils planifiaient devait avoir lieu juste avant Noël 2012, mais il a été contrecarré par l'intervention d'une taupe du FBI.

Deuxième examen

Le juge qui a présidé le procès avait demandé l'avis d'un deuxième psychiatre après avoir conclu que le premier rapport était « erroné ».

Esseghaier, qui s'est défendu lui-même durant les procédures, voulait être jugé selon le Coran. La psychiatre Lisa Ramshaw avait témoigné en cour qu'il était, selon elle, incapable de participer aux audiences de détermination de sa peine à cause de sa schizophrénie.

Esseghaier, lui, a affirmé que ce n'était que des « mensonges ». Il avait prévenu la cour qu'il refuserait de se soumettre à un second examen, si le juge n'ordonnait pas la destruction du premier rapport.

La Couronne demandait un deuxième examen, mais tout en souhaitant qu'il ne porte que sur la condition mentale d'Esseghaier à l'heure actuelle et non durant le procès. Selon les procureurs, le terroriste comprend très bien le cadre dans lequel il a été jugé, puisqu'il sait par exemple faire la différence entre la charia et la loi canadienne, qu'il rejette.

Le juge Michael Code avait tranché, en juillet, qu'il se prononcerait uniquement sur l'état mental actuel d'Esseghaier, rejetant l'opinion de la Dre Ramshaw. Selon le magistrat, la psychiatre n'était pas en droit de déclarer Esseghaier inapte à suivre son procès, parce qu'il est capable de communiquer avec autrui, même s'il a décidé de garder le silence.

Les parties engagées dans le procès devront maintenant décider de la peine que mérite Chiheb Esseghaier en fonction de sa santé mentale. Elles devront également déterminer au cours des trois prochains jours la peine de son complice, Raed Jaser, qui a été déclaré sain d'esprit.

- D'après les informations fournies par Jean-Philippe Nadeau

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