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Comptoirs de marijuana : 90 arrestations à Toronto

Quatre-vingt-dix personnes font face à un total de 186 chefs d'accusation, y compris trafic de drogue et possession des produits de la criminalité, à la suite d'une série de perquisitions réalisées jeudi dans 43 points de vente de cannabis à Toronto.

Parmi les produits saisis : 269 kilogrammes de cannabis sec ainsi que 72 kilogrammes de chocolats, 142 kilogrammes de biscuits et de bonbons, des sachets de thé et des boissons à la marijuana.

Le chef de police Mark Saunders dit que le nombre de comptoirs de marijuana a doublé depuis mars à Toronto et que la « santé » du public était en péril.

Les accusés doivent comparaître en cour à partir du 19 juin.

Interrompu par des manifestants

Durant son point de presse, le chef de police a été interrompu à plusieurs reprises par des militants procannabis, qui lui ont demandé des « preuves du danger ». Les protestataires, dont le « prince du pot » Marc Emery et son épouse, accusent la police de priver les patients de leur droit d'accès à de la marijuana médicinale.

Le chef Saunders a nié ces allégations. L'opération policière d'hier, qui a été baptisée Project Claudia, visait, a-t-il dit, des comptoirs soupçonnés de vendre du cannabis à des personnes n'ayant pas d'ordonnance du médecin.

Une des personnes arrêtées était recherchée et une autre était en possession de cocaïne, a mentionné le chef Saunders, mais la police n'a pour l'instant aucune raison de croire que ces établissements étaient liés au crime organisé.

Des enquêtes de CBC et de Radio-Canada ont révélé que nombre des comptoirs jouaient souvent avec les règles en vendant du cannabis sans ordonnance.

Prévenus

Le chef Saunders a ajouté que les points de vente avaient reçu un avertissement, plus tôt ce mois-ci, que leurs activités étaient illégales. Or, seulement deux d'entre eux ont fermé leurs portes volontairement.

Parmi les secteurs visés par les perquisitions jeudi : l'avenue Danforth et le marché Kensington, où les comptoirs se sont multipliés au cours des derniers mois. La police de Toronto a dévoilé une carte des points de vente ciblés.

En plus des accusations criminelles, les propriétaires de ces établissements pourraient devoir payer des amendes de 25 000 $ par individu pour de présumées violations des règlements municipaux de zonage et de vente de nourriture.

Il y a deux semaines, le maire John Tory avait demandé aux inspecteurs municipaux d'utiliser tous les moyens à leur disposition pour s'attaquer à cette multiplication. Le chef Saunders a nié s'être fait tordre le bras politiquement.

De son côté, le propriétaire de l'un des établissements ciblés jeudi, Chris Cardozo, raconte qu'il « ne l'a jamais vue venir ». Il ajoute qu'il collaborait avec le bureau du maire afin de tenter de trouver un compromis.

Zonage

En avril 2014, le conseil municipal a modifié le règlement sur le zonage pour classer les établissements de production et de distribution de marijuana dans des zones « Industrielles/Emploi ».

De plus, le règlement permet la distribution de marijuana médicinale uniquement aux établissements qui ont été homologués par Santé Canada.

À la demande du maire Tory, les fonctionnaires municipaux étudient la faisabilité de réglementer les points de vente de marijuana et d'exiger qu'ils obtiennent un permis, comme à Vancouver. Le comité torontois des permis doit débattre de leur rapport le 27 juin.

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