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Cônes orange et bottes de caoutchouc s’invitent aux Jardins de Métis

Les Jardins de Métis, à la porte de la Gaspésie, sont réputés pour leurs pavots bleus et pour l'histoire unique de celle qui les a créés, Elsie Reford. Mais ils font aussi courir les foules pour leur Festival international de jardins, dont la réputation dépasse les frontières du Québec.

Un photoreportage de Catherine François

Les architectes-paysagistes du monde entier se bousculent pour venir y présenter leurs projets. Pour cette 16e édition, 309 projets provenant d'une trentaine de pays ont été présentés au concours ouvert, mais seulement cinq ont été choisis par le jury. Ces installations s'ajoutent à celles sélectionnées lors d'années précédentes, qui sont toujours sur place.

Le résultat donne 25 aménagements colorés et ludiques, qui offrent au visiteur la liberté de jouer, de toucher et d'explorer. Bref, tout ce que l'on ne peut pas vraiment faire dans des jardins traditionnels. Tour d'horizon.

LINE GARDEN

En arrivant sur le site du festival, l'œil du visiteur est immédiatement attiré par cette installation très colorée créée par deux architectes-paysagistes canadiens originaires de Buffalo, Coryn Kempster et Julia Jamrozik. Le visiteur est invité à s'asseoir au sein de ces rubans de sécurité qui claquent dans le vent en jouant avec le ciel, les nuages et le soleil, lui faisant vivre une expérience aussi visuelle qu'auditive.

CONE GARDEN BOCKSILI

Comment ne pas sourire devant cet aménagement de cônes orange? Ils nous font faire des cauchemars sur les routes du Québec, en travaux perpétuels, mais ici, ils trouvent une nouvelle fonction. Ce sont des Coréens de Séoul qui ont eu la belle idée de créer ce jardin de cônes.

MÉRISTÈME

Les Québécois Caroline Magar, François Leblanc (sur la photo) et Marie-Josée Gagnon ont voulu rendre hommage au patrimoine végétal québécois en créant cet aménagement qui renferme les graines de plusieurs espèces d'arbres et de plantes de chez nous.

« Un méristème, c'est un tissu responsable de la croissance des cellules dans une plante. Nous avons inséré dans cette sculpture blanche 77 cellules pour dire à quel point il est important de conserver la biodiversité florale du Québec », explique Caroline Magar. 

La jeune architecte-paysagiste a adoré son expérience aux Jardins de Métis, car elle permet d'ajouter la petite graine de folie qu'on ne peut pas toujours semer quand on travaille sur l'aménagement de jardins plus traditionnels.

SE MOUILLER (LA BELLE ÉCHAPPÉE)

Ce sont aussi des Québécois qui ont inventé ce concept centré sur la participation du visiteur : il faut enfiler des bottes en caoutchouc pour aller se mouiller dans l'exploration d'un milieu humide, où poussent des plantes invasives. Jean-François Laroche, Rémi Morency, Erick Rivard et Maxime Rousseau sont les créateurs de ce projet qui fait partie des cinq aménagements retenus au concours de cette année.

LE BON ARBRE AU BON ENDROIT « SOUVENIR D'ENFANCE »

L'équipe du bureau d'architectes montréalais NIPpaysage a conçu ce jardin d'élastiques blancs qui reproduit les branches d'un arbre, une belle expérience visuelle quand on se promène en dessous.

DEAD GARDEN II

Une autre belle expérience que cet aménagement de voile et de troncs d'arbres conçu par le Brésilien Carlos M. Teixera, qui a voulu rendre hommage au cycle de vie des arbres. Les branches exposées proviennent de pins et d'épinettes noires trouvés dans la région.

AFTERBURN

La mort végétale est aussi au centre de cette forêt de troncs d'arbres calcinés marqués d'un sigle orange, ce qui procure à l'aménagement un effet visuel saisissant. Originaires de Brooklyn, Nicko Elliott et Ksenia Kagner ont voulu expliquer la régénérescence de la forêt boréale après un incendie.

MACRO/MICRO/MYCO

Et cette forêt boréale fait pousser de magnifiques champignons, qui sont mis en évidence dans cette installation réalisée par une équipe d'étudiants en maîtrise en architecture de paysage de l'Université de Toronto. Il s'agit de l'un des cinq projets choisis pour cette 16e édition du Festival.

POPPLE

Ici, des rideaux de pastilles vertes en plastique se fondent dans le feuillage d'une forêt de peupliers faux-trembles. Effet visuel saisissant, mais aussi effet sonore avec le bruit des pastilles dans le vent. Les visiteurs qui le désirent peuvent les toucher au gré de leurs fantaisies. Originaires de Winnipeg, Meagham Hunter et Suzy Melo qualifient Popple de « chambre verte ».

FENÊTRE SUR JARDIN ET VUE SUR FLEUVE

L'environnement exceptionnel des Jardins de Métis a inspiré plusieurs des créateurs de ces aménagements paysagers. Ainsi, A ditch with a view (ci-dessus) est une immense fenêtre qui s'ouvre sur la forêt, tandis que l'aménagement Faire des ronds dans l'eau (ci-dessous) offre une très belle perspective sur le fleuve. Ces deux projets ont été conçus par des architectes-paysagistes de New York.

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