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Confronté à des « luttes internes », le chef du NDP du N.-B. démissionne

Dominic Cardy a annoncé lundi qu'il quittait ses fonctions à titre de chef du Nouveau Parti démocratique du Nouveau-Brunswick. Il dit ne plus être en mesure de lutter contre des « forces destructives » au sein du parti.

M. Cardy a fait l’annonce de sa décision par voie de communiqué le jour de l'An. Il indique avoir pris cette décision « après une réflexion de Noël avec la famille et des amis ».

L’ancien chef explique que son parti est en train de faire un retour en arrière et que c’est entre autres ce qui motive son choix. « Ils veulent faire marche arrière, retourner au NPD des purs et durs, du fondamentalisme idéologique, à l’époque des victoires morales », affirme-t-il, en faisant référence à « certains néo-démocrates » qui, « avec l'appui de certains leaders du plus gros syndicat du secteur public de la province », tentent de « miner la volonté démocratique du parti ».

L’homme politique a aussi indiqué qu’il ne se reconnaît pas non plus dans les positions que prend la formation fédérale du parti. Il a rappelé que la « structure interne » du parti fait en sorte qu’un membre à l’échelle provinciale l’est aussi à l’échelle fédérale, « qu’on le veuille ou non ».

 La déclaration du NPD fédéral qui prétend que le conflit syrien n’est '' pas notre lutte '' va à l’encontre de toutes mes croyances : que nous vivons sur une petite planète avec la responsabilité de veiller les uns sur les autres. 

Dominic Cardy, chef du Nouveau parti démocratique du Nouveau-Brunswick sortant

Dans ce même communiqué, il a aussi exprimé sa crainte de constater que « temps et énergie sont gaspillés à des luttes internes juste avant une élection ».

« Au SCFP on est assez content avec la décision de M. Cardy »

Dans son communiqué, M. Cardy accuse le « plus gros syndicat du secteur public de la province » d'avoir « tenté de contourner et d’enfreindre les règles », d'avoir fait de l’intimidation et d'avoir perpétué des « querelles internes ».

Sans qu’il soit nommé, le président du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) Nouveau-Brunswick, Daniel Légère, affirme avoir compris que le message concerne son organisation.

« J’ai pas vu mon nom, mais je me suis senti visé », reconnaît-il. M. Légère invite toutefois son détracteur à se demander si ces accusations ne s’appliquent pas à lui-même.

Du côté du SCFP Nouveau-Brunswick, la démission de M. Cardy est bien reçue. M. Légère affirme que ce sera l’occasion de faire table rase et de se diriger vers un parti plus représentatif de ses membres.

 Ça fait longtemps qu’on aimerait avoir une révision du leadership. 

Daniel Légère, président du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) Nouveau-Brunswick

Ce dernier estime que M. Cardy a fait prendre un virage à droite au parti et qu’il est temps de le ramener « sur un chemin [plus] socialiste, à gauche ».

Si de son côté M. Cardy se targue d’avoir « obtenu plus de votes que toute autre campagne du NPD dans l’histoire du Nouveau-Brunswick », M. Légère, lui, souligne que depuis qu’il est chef, aucun gouvernement néo-démocrate n’a été élu.

« Ça va rouvrir la porte [cette démission], ça va débarrer le chemin », estime M. Légère.

Des records au sein du parti

La présidente du NPD du Nouveau-Brunswick, Sharon Levesque, a de son côté tenu à saluer la « généreuse contribution » de M. Cardy au parti.

Elle a insisté sur le fait que « sous le leadership de Cardy, le NPD a obtenu 13 % du vote populaire, une première dans la province ». Mme Levesque a également fait remarquer que c’est sous l’égide de M. Cardy que le parti a obtenu ses meilleurs résultats dans les sondages en période préélectorale.

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