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Confusion en Égypte sur l'hypothèse d'une explosion à bord du vol MS804

Alors que des experts français préviennent que les recherches visant à retrouver les boîtes noires de l'Airbus 320 d'ÉgyptAir se poursuivront pour encore plusieurs jours en mer Méditerranée, les experts du service égyptien de médecine légale envoient des signaux contradictoires sur les causes de l'accident, qui a fait 66 victimes.

Mardi matin, plusieurs agences de presse ont rapporté des propos d'un haut responsable du service, selon qui les premiers examens de restes humains repêchés en mer accréditent l'hypothèse d'une explosion à bord de l'appareil. Son patron est cependant rapidement intervenu pour dire qu'il ne s'agissait que de « pures suppositions ».

Le haut responsable, qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat parce qu'il n'était pas autorité à parler aux médias, a soutenu que la thèse d'une explosion de l'appareil en vol pourrait expliquer pourquoi aucun des restes n'était plus grand que la paume d'une main, et qu'au moins un morceau de bras présentait des traces de brûlure.

Ce bras pourrait « avoir appartenu à un passager assis tout près de l'explosion, a-t-il dit à l'agence Associated Press, après avoir précisé qu'il avait lui-même examiné ces restes humains à la morgue du Caire. Il convenait cependant qu'aucune trace d'explosif n'avait été détectée.

Le directeur du service égyptien n'a pas tardé à publier un communiqué pour démentir la nouvelle. « Tout ce qui a été publié à ce propos est absolument faux et repose sur de simples suppositions qui ne viennent pas de l'Autorité de médecine légale », a déclaré Hicham Abdelhamid dans un communiqué repris par l'agence Mena.

L'appareil d'EgyptAir, qui assurait la liaison entre Paris et Le Caire, a disparu des écrans radars jeudi matin au-dessus de la Méditerranée alors qu'il entrait dans l'espace aérien égyptien. Il transportait 10 membres d'équipage ainsi que 56 passagers, dont 30 Égyptiens et 15 Français.

Deux jours plus tard, le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) français a confirmé que l'appareil a émis des messages automatiques signalant la présence de fumées suspectes à bord à l'avant de la cabine. Ces informations « ne permettent de tirer aucune conclusion », a insisté un porte-parole du BEA.

La découverte des boîtes noires de l'appareil permettrait certainement d'en apprendre davantage sur les causes de l'accident, mais cela ne se produira pas avant « plusieurs jours », selon des sources concordantes de l'Agence France-Presse.

La France a dépêché dans la zone présumée de l'écrasement un patrouilleur de haute mer, qui est arrivé sur place lundi en fin de matinée. La Marine française affirme cependant que la priorité va pour l'heure à la recherche d'éléments en surface.

Or, selon une source proche du dossier, cette zone est presque aussi grande que celle utilisée pour chercher l'A330 d'Air France qui s'est écrasé dans l'océan Atlantique après avoir décollé de Rio de Janeiro en 2009, soit 74 kilomètres de diamètre.

« Une fois le matériel de recherches spécialisé acheminé sur place, il faudra repérer les signaux afin de localiser les boîtes, puis les remonter à la surface. Ça va prendre encore plusieurs jours », a ajouté cette source. Ce délai a été confirmé par une autre source proche du dossier, qui a requis l'anonymat.

Les batteries qui permettent aux boîtes noires d'émettre un signal ont une durée de vie de 30 jours.

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